Arbres Fruitiers 159-163 (1835)
J B Van Mons

Origine de mes recherches   Origin of my research
Au moment où par la destruction de mon jardin principal d'expérience je suis forcé d'interrompre le cours de mes recherches sur la bonification des espèces fruitières par le semis, je dirai un mot du principe que j'ai suivi pour me procurer tant et de si bons fruits nouveaux. Ce principe n'a pas été d'invention spontanée; aucun de ceux qui conduisent aux découvertes importantes ne l'est. Il est suggéré par des préalables dont on applique les conséquences à des subséquens. J'ai pu en saisir un dont les indications ont été lumineuses. Il m'a été présenté par le rosier. Cet arbuste, quand il est semé de sortes anciennes, n'est pas beaucoup plus pressé à marquer par sa fleur que ne l'est un arbre fruitier, semé des mêmes sortes, à marquer par son fruit; et les fleurs des premiers semis sont presque toutes simples comme les fruits des premiers semis sont presque tous mauvais. J'avais observé, dans une vente de rosiers, que parmi des semis faits d'année en année, les derniers semés fleurissaient les premiers et marquaient par un plus grand nombre de fleurs doubles. L'observation est la mère des inventions lorsque la comparaison et la déduction viennent à son appui. Observer, regarder ce qu'on voit et rapporter à ce qu'on a vu, puis chercher la cause des différences qu'on remarque. La disparité entre le précédent et l'actuel mène sur la voie d'une nouveauté. C'est pour avoir laissé échapper de pareils apperçus que nos ancètres nous ont laissé tant de choses à faire et ce sera parce que nous-mêmes nous négligeons de pareilles indications que la postérité fera ce que nous aurions pu faire.   At the moment when by the destruction of my main experimental garden I am forced to interrupt the course of my research on the improvement of the fruit species by sowing, I will say a word of the principle that I followed to get me so many and such good new fruits. This principle has not been a spontaneous invention; none of those leading to important discoveries are. It is suggested by prior observations whose consequences are applied to subsequent ones. I was able to capture one whose indications were bright. It was introduced to me by the rose bush. This shrub, when it is sown from old types, is not much more eager to mark by its flower than is a fruit tree, sown of the same kinds, to be marked by its fruit; and the flowers of the first sowing are almost all simple, as the fruits of the first sowing are almost all bad. I had observed, in a rose sale, that among seedlings made from year to year, the last sown ones flowered the first and were marked by a greater number of double flowers. Observation is the mother of inventions when comparison and deduction support it. Observe, look at what you see and relate to what you have seen, then look for the cause of the differences you notice. The disparity between the previous and the present leads to a new idea. It is for having let such previews escape that our ancestors have left us so much to do, and it will be because we neglect such indications that posterity will do what we could have done.
En conséquence de la remarque que je venais de faire, je fis l'acquisition de la planche des derniers semés, après que, pour la vente, on en eut distrait les doubles. Elle se composait de semi-doubles, de simples et d'un certain nombre de retardataires. En tout, trois cents et quelques plants. Je ne pouvais engager le propriétaire, qui était le sieur Swales, à me laisser cueillir la graine sur le plant acheté. Il ne voulait pour aucun argent s'en dessaisir, non qu'il y attachait plus de prix qu'à celle des semis antérieurs, mais il en avait besoin pour étendre son commerce qui alors était devenu très lucratif. Le plant fut levé et replanté assez en temps pour pouvoir compter sur une floraison partielle à la saison suivante. La graine de cette planche et des autres avait déjà été enlevée et avait ainsi été cueillie verte, ce que, comme nous le dirons dans la suite, est aussi un moyen d'amélioration de plus. Nous obtinmes plusieurs doubles des plants qui étaient restés en retard de fleurir et, entres autres, la cocarde d'Autriche, rose tout-à-fait noire et qui m'a été soustraite au moment de venir en fleur. Ces doubles ne fleurirent qu'à la seconde année de la déplantation. J'avais remarqué que les planches des semis antérieurs, dans le rapport qu'elles offraient moins de doubles, marquaient par des fleurs plus singulières et de plus grande distinction. Les planches des semis postérieurs, celle surtout du dernier dont j'avais acquis les restes, offraient beaucoup de fleurs doubles, mais peu différentes en structure, volume et couleur. La couleur générale était le pourpre foncé, plus ou moins broié de bleu ou de rouge. Aucune fleur rose ne s'y fesait remarquer. Trois planches de semis successifs fleurirent à la fois la même année, ce qui fesait voir que la répétition du semis en descendance directe avançait considérablement la floraison. Du plant de deux ans plus jeune marquait par sa fleur en même temps que du plant de deux ans plus vieux. De ce que à cette première visite d'une procréation du rosier par le semis j'avais vu et compris, je pouvais déjà conclure:   As a consequence of the remark which I had just made, I acquired the plot of the last sown, after which, for the sale, we had removed the doubles. It consisted of semi-doubles, singles and a number of latecomers. In all, three hundred and a few plants. I could not pay the owner, who was Mr. Swales, to let me pick the seed from the purchased seedling. He would not take any money to part with it, not that he attached more value to it than to previous seedlings, but he needed it to expand his business, which had become very lucrative. The plant was raised and replanted in time to be able to count on partial flowering the following season. The seed of this bed and the others had already been removed and thus had been plucked green, which, as we shall say in the sequel, is also a means of further improvement. We obtained several doubles from the plants which had been late in flowering, and, among other things, the cocarde d'Autriche, which was quite black and which was taken from me at the moment of flowering. These doubles did not blossom until the second year of the transplanting. I had remarked that the plots of the previous seedlings, in the ratio which they offered fewer doubles, were marked by flowers more singular and of greater distinction. The beds of the later seedlings, especially that of the last of which I had acquired the remains, offered many double flowers, but little different in structure, volume and color. The general color was dark purple, more or less mixed with blue or red. No pink flower was noticeable. Three plots of successive seedings flowered at the same time in the same year, which showed that the repetition of sowing in direct descent considerably advanced flowering. The plant of two years younger marked by its flower at the same time as plant of two years older. That at this first round of a procreation of the rose tree by sowing I had seen and understood, I could already conclude:
1° Que le semis successif et fait de père en fils devait éloigner les espèces de leur condition de plante sauvage et les rapprocher de la condition de plante variée, dans le rapport que le semis est répété plus souvent, avec moins d'interruption et à de plus courts intervalles.   1° That the successive sowings, made from father to son, should remove the species from their wild plant condition and bring them closer to the varied plant condition, in the degree that the sowing is repeated more often, with less interruption, and shorter intervals.
2° Que les premiers semis d'espèces déjà plusieurs fois résémées, mais dont le résémis avait été plus ou moins longtemps interrompu, marquaient par du plant sans mérité; qu'au second semis, fait de la graine du premier, l'amélioration était sensible et que le plant de celui-ci et encore plus celui du semis suivant se distinguaient par des fleurs de forme singulière et de coloration remarquable. Les semis suivans, tout en donnant les fleurs les plus parfaites pour la plénitude, en donnaient de moins parfaites pour la forme et la couleur.   2° That the first sowings of species already several times revived, but whose reseeding had been more or less long interrupted, marked by a plant without merit; that at the second sowing, made of the seed of the first, the improvement was sensible and that the plant of this one and still more than that of the following sowing were distinguished by flowers of singular form and remarkable coloring. The following sowing, while giving the most perfect flowers for fullness, gave them less perfect for form and color.
3° Que, dans le rapport que le semis en droite ligne était plus souvent répété, le temps de la floraison devenait plus rapproché; de sorte qu'on gagnait en temps et en perfection, mais qu'on perdait en diversité tranchante des fleurs.   3° That, in the degree which sowing in a direct line was more often repeated, the time of flowering became earlier; so that one gained time and perfection, but one lost in pronounced diversity of flowers.
4° Que les rétardataires à la floraison marquaient par les plus belles fleurs.   4° That the latecomers at bloom were marked by the most beautiful flowers.
5° Que la richesse en nombre de fleurs croissait avec la répétition des semis.   5° That the wealth in number of flowers increased with the repetition of sowing.
6° Que la plante résémée, tout en déposant la forme rude et agreste qui la fesait résister aux rigueurs de la saison, en prenait une délicate, domestique et qui la rendait plus sujette à souffrir des mêmes rigueurs. J'ai aux derniers grands froids perdu plusieurs de mes plus belles roses.   6° That the reseeded plant, while disposing of the rough and rustic form which made it resist the rigors of the season, took a delicate, domestic character, and made it more prone to suffer the same rigors. I have in the last cold weather lost many of my most beautiful roses.
La rose variée et les arbres fruitiers variés doivent faire l'effet de plantes exotiques. Il n'y a pour nous d'indigènes que les sousespèces de ces espèces. Ces corollaires ont été partie déduits de mes observations au jardin du Sieur Swales et avec les plants de ce jardin, et partie d'une culture de perfectionnement que j'avais déjà commencée avec le même arbuste et dont le semis avait été fait avec la graine des plus anciennes variétés et que j'ai poursuivie en ligne de génération droite jusqu'à ce que je sois arrivé à l'uniformité de la fleur où tout but de recherche ultérieure cesse. Mes données suivantes se sont trouvées parfaitement d'accord avec mes apperçus précédents. L’âge pour la floraison est peu à peu descendu de 12 à 10 ans à 4 et 3 ans. Le nombre des fleurs doubles a augmenté dans le rapport que les semis se sont répétés et dans le même rapport l'apparition des fleurs d'une forme et couleur tranchantes a diminué et enfin est survenue l'uniformité qui m'a ainsi que d autres amateurs dégouté d’une culture où rien n'était plus à perfectionner. Cela semble être ainsi pour toutes les plantes d'agrément. Pour celles-ci la perfectibilité a des bornes; pour les arbres fruitiers, elle n'en a pas encore montré. Je n'ai conservé de mes roses que les plus belles et je les ai laissées tomber dans le plus grand abandon, les ayant plantées dans le plus mauvais sol possible et ne les ayant depuis 18 ans pas fait changer de place. Ce manque de culture ne les a pas empêchées de conserver tout l'éclat de leur beauté primitive. Je pourrais demander ce qui en fait de culture a jamais été livré à un abandon plus complet que les arbres fruitiers de ma pépinière d'expérience en cette ville.   The varied rose and the various fruit trees must have the effect of exotic plants. For us, there are only the subspecies of these species. These corollaries have been deduced from my observations in the garden of Sieur Swales and with the plants of this garden, and part of a culture of improvement which I had already begun with the same shrub and whose sowing had been done with the seed of the oldest varieties and which I pursued in line of generation right until I arrived at the uniformity of the flower where any goal of subsequent research ceases. My following data fully agreed with my previous glimpses. The age for flowering is gradually falling from 12 to 10 years to 4 and 3 years. The number of double flowers increased to the degree that the seedlings were resown and to the same degree the appearance of the flowers of a distinctive shape and color decreased and finally came the uniformity which I and other amateurs were disgusted with a culture where nothing was better to perfect. This seems to be so for all pleasures. For these, perfectibility has bounds; for fruit trees she has not yet shown it. I have kept only the most beautiful of my roses and I dropped them in the greatest abandonment, having planted them in the worst possible soil and having not had them moved for 18 years. This lack of culture has not prevented them from retaining all the splendor of their original beauty. I could ask what culture has ever been delivered to a more complete abandonment than the fruit trees of my nursery experience in this city.
Ils occupaient encore la place que leur répiquement de plant d'un an leur avait fait donner. Ces arbres qui, en outre, croissaient dans un sol dont jamais instrument de jardinage ne s'était approché, et dont par de nouvelles plantations on rendait continuellement les premières plus drues, ces arbres ne sont pas restés en défaut de marquer par les meilleurs fruits ni de continuer leurs rapports par la même qualité de ces fruits. Le sol, l'exposition, la greffe, rien n'est quelque chose hors d'avoir été itérativement renouvelé de graine. J'ai appliqué ces inductions à la culture des arbres fruitiers et je les ai trouvées vérifiées dans toutes leurs conséquences. Elles m'ont tracé une marche à suivre et à cette marche je suis resté fidéle dans tout le cours de mes expériences. J'ai semé, comme pour le rosier, la graine des derniers obtenus et j'ai aussi eu soin qu'il ne se soit pas trouvé d'intervalle entre les semis. Cela a nécessité que les successivent marquans par leurs fruits ont seuls eu le droit de fournir pour les semis leur graine de premier rapport et qu'ils ont perdu ce droit à leur second rapport. J'en ai agi aussi rigoureusement jusqu'à ce que j'eusse cessé de propager par la greffe et de semer pour avoir des sujets de greffe. C'est de ces semis qu'est provenu ce nombre de fruits déjà presque généralement bons dont mention est faite dans mon précédent catalogue.   They still occupied the place that they had been given one year ago by their repetition of planting. These trees, which, moreover, grew in a soil of which no gardening instrument had ever approached, and whose new plantations continually made the first ones more thick, these trees did not remain in default of marking by the best fruits. nor to continue their relations by the same quality of these fruits. Soil, exposure, transplant, nothing is anything beyond having been iteratively renewed from seed. I applied these inductions to the cultivation of fruit trees, and found them verified in all their consequences. They have mapped out a path to follow and I have remained faithful to the course of my experiments. I sowed, as for the rose, the seed of the last obtained and I also took care that there was no interval between sowing. This necessitated the success of the marquains by their fruits, which alone were entitled to furnish for seedlings their seed of first bearing, and that they lost this right to their second bearing. I acted so rigorously until I had stopped spreading through the transplant and sowing to have transplant subjects. It is from these seedlings that this number of fruits, already almost generally good, originated, of which mention is made in my previous catalog.
Ensuite, le désordre introduit par l'évacuation forcée de ma pépinière de Bruxelles, laquelle a eu lieu avec perte des 9/10 de ce que je possédais, a fait que j'ai confondu la graine, non seulement des différens rapports, mais des différentes procréations, pourvu que le fruit fut bon; j'ai semé pêle-mêle et j'ai de même laissé grandir. Je ne fesais depuis longtemps plus de triage; la haute perfection de mes graines m'en dispensait. Je ne répétais pas moins les semis; je ne mettais plus la même rigueur dans l'observance de mon principe. Il en est résulté que j'ai encore obtenu des fruits médiocres, ce que toutefois j'ai moins attribué à mon relache-ment à l'égard du principe qu'à l'imprévoyante mesure que j'avais prise de donner à consommer mes meilleurs fruits à des connaissances, à charge de me rapporter les pepins. Des pepins de fruits anciens ont dû être mêlés avec ceux de mes fruits et même leur être substitués en remplacement de ceux qu'on avait négligé de ramasser. Cela a occasionné l'introduction dans mes semis, de francs qui ne pouvaient donner du bon fruit. Le nombre n'en a pas été grand, mais il aurait suffi pour me faire douter de la persévérance de mes succès et de l'infaillibilité de mon principe si je n'en avais en temps déviné la cause.   Then, the disorder introduced by the forced evacuation of my nursery of Brussels, which took place with loss of 9/10 of what I possessed, made that I confused the seed, not only of the different generations, but of different lineages, provided that the fruit was good; I sowed pell-mell and I let them grow the same way. I have not done any sort of sorting for a long time; the high perfection of my seeds dispensed me with it. I did not repeat the sowing any less; I no longer put the same rigor in the observance of my principle. As a result, I still obtained mediocre fruits, which, however, I attributed less to my disregard for the principle than to the improvident step I took to give my better fruits to acquaintances to eat, and then return the pips to me.. Old fruit seeds had to be mixed with those of my fruits and even substituted for them, to replace those that I had neglected to pick up. This caused the introduction into my seedlings of francs [stocks?] which could not give good fruit. The number was not great, but it would have sufficed to make me doubt the perseverance of my successes and the infallibility of my principle if I had not in time diverted the cause.
On ne saurait être assez circonspect quand il s'agit d'établir un principe sur les bases de l'expérience. J'avais déjà auparavant, averti sur la possibilité de la fraude, pris le parti de laisser pourrir les fruits dont je destinais la graine à être semée. Je n'ai pas continué cette méthode à Louvain où, à cause de la diminution considérable de mes semis, je pouvais me contenter des pepins dont le fruit était mangé sous mes yeux. J'ai alors de nouveau eu des fruits sans mélange de médiocre à du bon. J'ai eu grand tort de ne pas aussi faire des semis pour la greffe. J'aurais conservé une grande partie de ce qui maintenant est perdu sans ressource. Je m'en suis abstenu par délicatesse et de crainte que les pépiniéristes de la ville n'eussent envisagé ces semis comme un projet de ma part de joindre une pépinière de vente à ma pépinière de recherche. Plus tard j'ai appris qu'à Louvain il ne se trouvait aucune pépinière de vente et que chacun y fesait greffer pour son usage.   One can not be circumspect enough when it comes to establishing a principle on the basis of experience. I had already warned beforehand about the possibility of fraud, decided to let the fruits for which I intended the seed to be sown rotten. I did not continue this method at Louvain, where, because of the considerable reduction of my seedlings, I could be content with the pepins whose fruit was eaten under my eyes. I then had fruit again without any mixture of mediocre to good. I was very wrong not to also plant seedlings for the transplant. I would have kept much of what is now lost without resources. I refrained from doing so out of fear and fear that the nurserymen of the town would have considered these seedlings as a project on my part to join a sales nursery at my research nursery. Later I learned that there was no sales nursery in Louvain and that every one was grafted there for his use.
J'ai donc par ce retour au principe, après l'avoir quelque temps abandonné, eu la pleine conviction que pour obtenir du fruit de plus en plus parfait et pour que du pareil fruit souffrit de moins en moins d'exception dans son apparition, il fallait suivre la règle de prendre pour le semis la graine des successivement plus éloignés du type avec la graine duquel le semis a commencé d'être fait et de faire l'expérience assez en grand pour que chaque génération en ligne droite descendit tous les ans d'un dégré de plus, ce qui est obtenu en n'omettant, aucune année, de semer et en n'employant au semis que la graine du dernier rapportant.   I have, therefore, by this return to principle, after having abandoned it for some time, had the full conviction that in order to obtain more and more perfect fruit, and for such fruit to suffer less and less exception in its appearance, it was necessary to follow the rule to take for sowing the seed of successively more distant from the type with the seed from which the sowing began to be made and to make the experiment big enough so that each generation in a straight line went down every year one more degree, which is obtained by not omitting, in any year, to sow and employing in sowing only the seed of the last yielding.
Les premières années sont des années d'attente. Celles qui suivent répondent chacune à un semis. On a tous les ans des rapportans qui se composent des dévanciers de semis plus jeunes et des rétardataires de semis plus vieux. Ceux-ci ne sont pas les plus mauvais pour la qualité du fruit et ce sont loin les meilleurs pour la bonté du pepin, ce que j'attribue à la faiblesse non maladive qui a fait différer leur rapport. Ces sortes, par suite de leur débilité saine, après avoir été tardives pour leur premier rapport d'arbre franc, deviennent hatives pour leur rapport d'arbre de greffe. La greffe de la Dumortier, dont le franc a été rétardataire, au témoignage de deux de mes correspondans, MM. Burchardt et Mareze, à donné fruit la seconde année après son placement, ce qui également ârrive à nous. Je ne dirai pas que les rétardataires, une fois qu'ils ont marqué par leur premier fruit, ne sortent plus de rapport; ils ont cela de commun avec les autres variétés neuves; mais je peux citer comme du particulier que, malgré leur délicatesse, ils n'ont pas besoin de repos et que tous les ans leur rapport est également riche. Cette délicatesse n'empêche pas leurs greffes de former de trèsbeaux pieds d'arbre.   The first years are years of waiting. The following ones each respond to a sowing. There are generations every year, consisting of younger seedlings and older seedlings. These are not the worst for the quality of the fruit and they are far from the best for the goodness of the seed, which I attribute to the non-sickness weakness that has delayed their bearing. These kinds, as a result of their healthy debility, after being late for their first own-root bearing, become ready for their grafted bearing. The graft of the Dumortier, the franc of which was delayed, at the testimony of two of my correspondents, MM. Burchardt and Mareze, gave fruit the second year after placement, which also heppens to us. I will not say that the latecomers, once they have marked by their first fruit, do not go out of bearing; they have that in common with the other new varieties; but I can cite as particular that, despite their delicacy, they do not need rest and that every year their bearing is also rich. This delicacy does not prevent their grafts from forming very beautiful trees.
La marche prescrite conduit à ne point laisser d'interruption dans le renouvellement par le semis, ce qui est une condition principale pour que la bonification du fruit soit à la fois large et rapide. Ce n'est pas de l'année où un franc rapporte, mais bien de celle où son pepin à été semé, que compte le nombre de ses renouvellemens. En comptant autrement, les rétardataires seraient plus jeunes et les dévanciers, plus vieux. Les rapportans en temps et lieu auraient seuls leur âge.Une fois que pour le poirier 70 ans sont gagnés, on peut avoir tous les ans du fruit nouveau à juger. Je suppose qu'on reprenne l'expérience au point ou je l'ai [168] commencée. En la continuant avec les pepins des derniers nouveaux fruits on n'aura presque pas de chemin à faire. J'aurai abrégé d'autant la route pour les amateurs à venir. Il n'y a maintenant plus qu'à semer le pepin ou le noyau d'une espèce suffisamment renouvelée et à laisser venir à l'âge de rapport pour avoir le fruit désiré d'une perfection désirable. Je reviendrai sur ce sujet.   The prescribed procedure leads to not interrupting the renewal by sowing, which is a principal condition for the fruit improvement to be both large and rapid. It is not the year when a franc yields, but of the year in which his seed has been sown, that the number of his renewals counts. In other words, the latecomers would be younger and the devourers older. The reportans in time and place would be only their age. Once for the pear tree 70 years are won, one can have every year new fruit to judge. I suppose we are going back to the point where I started it. By continuing it with the seeds of the last new fruits we will have almost no way to go. I have shortened all the way for future amateurs. There is now only to sow the seed or the nucleus of a sufficiently renewed species and to let it come to the age of report to have the desired fruit of a desirable perfection. I will come back to this topic.
Quand on a gagné un bon fruit on n'a rien produit qui soit stable dans sa perfection. Ce fruit, comme l'a fait celui dont il est provenu, dégénérera par l'âge et tombera dans le même état de délabrement où s'est trouvé son aïeul. Il employera à y arriver un plus ou moins grand nombre d'années, un nombre sans doute moins grand que celui qu'a employé ce dernier. Son éloignement de l'état de nature plus grand que celui de cet aïeul et que chaque semis à augmenté en lui donnant un nombre de dégrés de socialité de plus, l'a, dans le rapport de ce nombre, rendu plus délicat et d'avantage sujet à être de bonne heure vieux. Ce temps, pour le fruit le plus sensible, sera au moins de 1 1/2 siècle et pourra l'être de plus. Les poires actuellement anciennes ont atteint au-délà de cet âge, car on trouve des arbres de greffe qui sont sesqui et bi-séculaires sans être trop souffrans. Nos couvens en renfermaient de pareils. Ce fruit nouveau sera greffé, ce qui prolongera son existence au-dela de la vie du franc d'où il sera provenu. Cette existence ne sera pas une vie de santé, car la greffe aura commencé à souffrir dès l'instant que le pied-mère [169] sera entré en souffrance, car c'est l'âge et non la greffe qui introduit celle-ci. La greffe comptera pour vivre plus longtemps l'intervalle qu'à chaque regreffage elle aura mis à rapporter et de sorte qu'une variété souvent greffée pourra mener une plus longue existence, plus longue pour la durée et non pour la santé. Le bourgeon, cueilli d'un arbre vieux donne pour cela une greffe moins belle, mais plus disposée au rapport, qu'un cueilli d'un arbre jeune. Tous les pépiniéristes le savent. On pourrait ainsi prolonger sans fin l'existence d'une variété en la propageant sans cesse de greffes prises sur des arbres qui n'ont pas encore rapporté. Ce serait faire une expérience curieuse et qu'une main morte pourrait continuer longtemps, mais l'arbre deviendrait un meuble inutile.   When we have won a good fruit we have produced nothing that is stable in its perfection. This fruit, as did the one from which it originated, will degenerate by age and fall into the same state of decay where his ancestor found himself. He will employ a greater or lesser number of years, probably a smaller number than the one employed by him. His distance from the state of nature greater than that of this grandfather, and which each sowing has increased by giving him a greater number of degrees of sociality, has, in the ratio of this number, rendered more delicate and advantage subject to be early old. This time, for the most sensitive fruit, will be at least 1 1/2 century and may be more. The present-day pears have reached beyond this age, for there are grafting trees which are 1 1/2 to two centuries old without suffering too much. Our nurseries contained similar ones. This new fruit will be grafted, which will prolong its existence beyond the life of the shoot from which it will have originated. This existence will not be a life of health, because the transplant will have begun to suffer from the moment that the mother-stock will be in pain, because it is the age and not the graft which introduces this one. The graft will count to live the interval longer than at each regrafting it will have brought to bear and so that a variety often grafted will be able to lead a longer existence, longer for the duration and not for the health. The bud, plucked from an old tree, gives for that a graft less beautiful, but more disposed to bear, than one plucked from a young tree. All nurserymen know it. The existence of a variety could thus be endlessly prolonged by the constant propagation of grafts taken on trees that have not yet yielded. It would be a curious experience and a dead hand could go on for a long time, but the tree would become a useless piece of furniture.
C'est peut-être parce que les anciennes sortes diminuent successivement leur rapport et finissent par entièrement le cesser, que, pendant si longtemps encore, elles trainent leur vie de misère; c'est évidemment le rapport qui épuise et il épuise surtout lorsqu'à un âge avancé, des moyens de contrainte pour le doubler d'abord et ensuite pour le continuer, sont employés. Les sortes nativement très-fertiles sont les premières à éprouver les atteintes de l'âge. La rance et la délice sont à-peu-près contemporaines. La première, très-fertile, montre déjà des traces de chancre, tandis que la dernière, qui rapporte tard et peu, reste exempte de mal. Il est vrai que celle-ci porte son bois droit tandis que l'autre le porte incliné. [170]   It is perhaps because the old kinds successively diminish their bearing and end by completely ceasing it, that for so long still they drag their life of misery; it is obviously the bearing that exhausts and exhausts especially when at a advanced age, means of constraint to double it first and then to continue it, are used. The kinds that are naturally very fertile are the first to experience the effects of age. Rancidity and delight are almost contemporaneous. The earliest bearing and most fertile already shows traces of canker, while the later-bearing and the less fertile remains free from harm. It is true that this one carries his wood upright, while the other carries it inclined. [170]
S'il venait à être prouvé que les sortes propagées sans interruption sur des pieds contenans, le poirier sur cognassier et le pommier, sur paradis, donnent, dans leur propagation de graine, des variétés plus louables que les mêmes sortes propagées sur franc de leur espèce, il en résulterait que les années qu'elles passent sur les pieds contenans décomptent, si pas entièrement, du moins partiellement, sur leur avancement en âge. Il faudrait bien que cela fut ainsi puisque leur pepin se comporterait comme s'il provenait d'une variété plus jeune. Le plus faible rapport sur ces sortes de pieds que sur francs serait une des causes qui retarderaient les progrès de l'âge, pour le pepin s'entend, mais pas pour le fruit ni pour l'arbre, car intrinséquement ceux-ci ne restent pas plus jeunes. L'apparente restauration que, sur pieds contenans, les variétés qui jusqu'alors avaient vécu sur franc, éprouvent, en deviendrait explicable; mais le transfert d'une sorte de pied à un autre sorte ne bonifierait pas le pepin comme il assainit le fruit et l'arbre. Le pepin garderait ce que sur franc il aurait acquis en âge, mais l'extrême vieillesse serait pour lui plus lente à arriver. Le franc seul ferait marcher la détérioration du pepin de pair avec celle de l'arbre et du fruit.Je ne saurais, d'après aucune indication d'expérience, dire pour le poirier ce qui peut être vrai ou faux dans une telle combinaison de vues, n'ayant jamais semé le pepin de poires venues sur cognassier, mais j'ai dit que le pommier fournit de meilleure heure que le poirier, des fruits [171] généralement bons, ce que, dans le sens de la vue, je pourrais attribuer à la circonstance que les pepins de mes semis avaient dans le principe été empruntés à des sortes greffées sur paradis, et j'ajouterai, en corroboration de la même vue, que j'ai cessé de semer les variétés court-pendu et belle-fleur, que je désirais voir se reproduire par leurs proche-identiques et dont pour mes divers semis je prenais le pepin sur les fruits du marché, lesquels tous proviennent d'arbres sur franc, à cause que de ces semis je ne retirais rien de bon. Mon objet était de rajeunir les deux seules sortes qui paraissent sur nos marchés et qui sont toutes deux devenues sujettes au chancre de l'écorce et au ver du fruit. Le moindre avancement en âge des sortes venues sur paradis aura peut-être aussi fait que les greffes levées sur sortes récentes occupant le paradis se propagent saines, et de plus, que l'habitude de vivre sur pareil sujet aura fait que les sortes récentes dont le pepin avait eu cette origine réussissent sur paradis comme sur franc. Aucune des sortes anciennes qui chez nous sont greffées sur paradis, n'y est à trouver par greffe sur franc. Les nouvelles sortes en poire dont le pepin n'avait pu contracter l'habitude de vivre sur pied contenant, ayant toujours été greffées sur franc, périssent de l'instant qu'elles s'y mettent à fruit.   If it were to be proved that the kinds propagated without interruption on contained feet, the pear tree on quince and the apple tree, on paradise, give, in their propagation of seed, varieties more praiseworthy than the same kinds propagated on their own roots, in this case, it follows that the years they spend on the borrowed root count, if not entirely, at least partially, on their advancement in age. This should have been so since their seed would behave as if it came from a younger variety. The lowest ratio of these kinds of feet to francs would be one of the causes which would retard the progress of the age, for the pepin is understood, but not for the fruit or for the tree, because intrinsically these do not remain not younger. The apparent restoration, which on feet contained, the varieties which hitherto had lived on francs, experience, would become explicable; but the transfer of a kind of foot to another kind would not improve the seed as it cleanses the fruit and the tree. The child would keep what he would have acquired on age, but extreme old age would be slower for him to arrive. The franc alone would make the deterioration of the pepin work with that of the tree and the fruit. I can not, according to any indication of experience, say for the pear tree what may be true or false in such a combination of I have never sown the seed of pears on quince, but I have said that the apple tree provides better time than the pear tree, fruits [171] generally good, which, in the sense of the sight, I could attribute to the circumstance that the seeds of my seedlings had in principle been borrowed from sorts grafted on paradise, and I will add, in corroboration of the same view, that I stopped sowing the short-hanged and beautiful varieties -flower, that I wished to see reproduce by their near-identical and of which for my various sowing I took the seed on the fruits of the market, which all come from trees on franc, because of these sowing I did not withdraw anything from good. My object was to rejuvenate the only two kinds that appear on our markets, both of which have become subject to bark canker and fruit worm. The slightest advancement in age of sorts to paradise may have also caused grafts raised on recent races occupying paradise to propagate healthy, and moreover, that the habit of living on such a subject will have made recent sorts of the seed had this origin succeed on paradise as on franc. None of the old sorts that are grafted on heaven, are found there by graft on franc. The new sorts of pear, which the seed had not been able to contract the habit of living on a container, having always been grafted on francs, perish from the moment that they are fruitful.
Si je n'étais pas allé au jardin du Sieur Swales, si je n'y avais pas regardé attentivement le rosier, si je n'avais pas observé la marche qu'il suit dans le perfectionnement de sa fleur, si je n'avais pas fait l'acquisition de ses [172] simples et demi-doubles, auxquels leur propriétaire n'attachait pas grand prix, et si je n'avais vu que de ces simples j'obtenais des fleurs cent fois plus belles que la Napoléon et la reine des roses, qui dans ce temps fesaient furie malgré que ce ne fussent que des 3/4 et 5/6 doubles, je n'aurais pas entrevu la loi de perfectionnement dont l'application m'a conduit au résultat de ne plus obtenir que du bon, et de faire rentrer la multiplication des arbres fruitiers par la graine sous la règle commune de la multiplication par le semis des plantes qui ne se multiplient que par cette seule voie et qui par cette voie se reproduisent toujours identiques à leurs originaux, avec cette difference toutefois que l'identité pour les fruits, surtout pour la poire, la pomme et la prune, ne porte que sur la qualité et ne touche, ni à la forme, ni au volume. Pour les autres fruits, s'il n'y a pas identité à l'égard des deux dernières parties, il y a du moins proche analogie. Les pêches ne diffèrent que peu de forme; elles diffèrent en couleur de peau et de chair et en volume. Les unes ont la peau blanche; celles-là sont assez fréquentes dans nos semis; d'autres l'ont plus ou moins lavée de rouge, de pourpre. Toutes ont dans la peau une teinte d'eau de mer; je dois dire, ont le fond teint couleur de cette eau; des troisièmes ont le fond de la peau jaune et la lavure, rouge-brun; ce sont les pêches-carotte. Je n'ai jamais semé de ces pêches et cependant, j'en ai assez souvent obtenu. Ce n'est pas parmi elles que j'ai rencontré les meilleurs fruits. Elles sont [173] précoces. La chair de toutes est transparente; de plusieurs elle est d'un vert plus saturé que l'eau de mer. Il s'entend que les chairs jaunes n'ont pas cette couleur. Je n'ai pas obtenu des chairs rouges, des pêches-bétérave. On n'y trouve pas de fibre. Les brugnons, qu'aussi je n'ai jamais semés, sont encore plus analogues en forme que les pêches. Ils naissent tous petits et restent petits jusqu'à ce que leur écusson, chez nous sur prunier, soit dressé en espalier. La couleur de leur peau est, ou blanche, ou verte et avec forte comme avec faible lavure en brun; puis, fond jaune, lequel perce de la chair jaune. Ceux qui n'admettent pas que le type du brugnon soit le même que celui de la pêche ont la ressource de dire que la provenance du brugnon d'un noyau de pêche dépend de la résolution d'un metis brugnon et pêche, en ses originaux. Ces différences ne sont pas très-caractéristiques.   If I had not gone to Sieur Swales's garden, if I had not looked at the rose bush closely, if I had not observed the course he followed in perfecting his flower, if I had not bought his singles and half-doubles, to which their owner did not attach great value, and if I had not seen that of these simples I would obtain flowers a hundred times more beautiful than the 'Grand Napoléon' and the 'Reine des Roses', which at this time were passionately desired despite being only 3/4 and 5/6 doubles, I would not have glimpsed the law of improvement whose application led me to the result to get only the good, and to make return the multiplication of the fruit trees by the seed under the common rule of the multiplication by the sowing the seeds of the plants which multiply only by this single way and which in this way always reproduce themselves identical to their originals, with this difference, however, that the identity for fruits, especially for pear, apple and plum, is only about quality and does not affect form or volume. For other fruits, if there is no identity with regard to the last two parts, there is at least a close analogy. Peaches differ little in form; they differ in skin and flesh color and in volume. Some have white skin; these are quite frequent in our sowing; others have it more or less washed with red and purple. All have in the skin a tint of sea water; I must say, have the background dyed color of this water; the third have the bottom of the yellow skin and the wash, red-brown; it's the carrot peaches. I have never sown these peaches, and yet I have obtained them often enough. It is not among them that I have encountered the best fruits. They are [173] early. The flesh of all is transparent; many of them are of a green more saturated than the sea water. He understands that yellow flesh does not have that color. I did not get red flesh, peaches-betérave. There is no fiber. The nectarines, which I have never sown, are even more similar in form than peaches. They are born small and remain small until their buds, at home on a plum tree, are erected in espalier. The color of their skin is, either white, or green and with a strong or weak wash of brown; then, a yellow background, which pierces with yellow flesh. Those who do not admit that the type of nectarine is the same as that of the peach have the resource to say that the origin of the nectarine from a peach kernel depends on the resolution of a nectarine and peach cross, in its originals. These differences are not very characteristic.

L'abricot n'en offre pas qui le soient davantage. La différence de forme est d'être long, applati ou rond. La couleur ne diffère qu'en nuance. Les hatifs sont plus blancs. La cérise a ses fruits doux et ses fruits aigres, lesquels se rencontrent dans nos bois, dans nos hayes et sur nos collines, mais seulement pour la différence en saveur. Les types sous-espèces d'autres variétés doivent se trouver ailleurs, ce qui est aussi pour la prune, dont nous n'avons ici que les sous-espèces de trois variétés, sous-espèces pour les formes et auxquelles une variété puisse raisonnableblement être rapportée. Cela conduit à devoir admettre une sous-influence locale exerçant son [174] activité sur les indigènes et l'exerçant à des différences de latitude peu considérables, et qui toutes sont nécessairement comprises dans la zone indigène, à moins d'être d'opinion que les trois formes en sous-espèces que nous avons chez nous aient pu donner naissance à toutes les formes sous lesquelles les diverses variétés se sont produites, ce qui serait un effet de variation des plus formidables, car les prunes sont parmi les diverses espèces de fruits celles dont les formes sont les plus différentes. La poire et la pomme ne sont pas affectées de sous-influence locale, car les sous-espèces de toutes les variétés connues chez nous et ailleurs et celles de beaucoup de variétés qui n'ont pas encore paru ou qui ont disparu se trouvent sauvages dans nos bois ou sur nos collines. Les roses que j'ai acquises pour, par leur graine, commencer un cours d'expériences sur leur embellissement, différent de celui que j'avais jusqu'alors suivi, étaient déjà, à leur quatrième renouvellement de graine. Si dès le premier semis et même dès le second, on avait obtenu un certain nombre de fleurs distinguées, croit-on que la rose aurait continué à faire un objet de recherche pour l'amateur ? Certainement non, car ce qui ne coute pas de peine n'a pas de prix. Croit-on que s'il ne s'agissait que de semer le pepin d'une bonne poire ancienne pour d'emblée avoir une pareille poire nouvelle, qu'un semis d'amateur en cette espèce de fruit aurait jamais été fait ? Chacun aurait semé pour son usage, pour la vente ou la consommation, comme on sème le grain, [175] les légumes et autres commestibles. On aurait fait alors comme on peut faire maintenant. Semer et se reposer sur la bonté du produit, mais cela n'était pas ainsi dans le principe et ne l'est devenu qu'après un laps de temps très-long et après une suite non interrompue de générations en descendance directe. On ne cherche que ce qu'on a l'espoir de touver, et ce qui n'est pas perdu ne doit pas être retrouvé. Si pour restaurer les arbres fruitiers il ne s'était agi que d'en semer la graine personne ne se serait laissé engager dans une route differente pour parvenir au même but avec l'objet de se livrer à une recherche d'amateur. Le moyen aurait été trop simple pour vouloir en chercher un autre. De ce que, en ne suivant pas la même règle que moi, on soit au bout du même temps que moi parvenu à obtenir quelques résultats qu'on croit bons, cela peut dépendre du sens qu'on attache au terme bon. Celui que j'y attache est, pour la poire, qu'elle soit fondante ou beurrée et sapide, qu'elle soit du gout de tout le monde; qu'on la mange avec le même plaisir, après comme avant d'avoir mangé d'autres bons fruits, que la greffe la laisse identique et que temporairement la saison ne la change pas. Qui ne croit pas à cette perfection ne connait pas la sorte de poire que je nomme bonne. Le manque d'une seule de ces qualités l'abaisserait au rang des médiocres et de ce rang à celui de mauvais il n'y a pas grand chemin à faire. Pour être bonne une pomme ne peut pas être douce seulement. Sa saveur doit réunir l'aigrelet, le doux et le [176] vineux qui, ensemble, forment le sapide; sa chair doit être tendre et faire ce qu'on nomme évacuer la bouche; elle doit avoir du parfum. Une pêche doit être comme j'ai dit que sont nos pêches de dernière procréation. Elle doit être la reine des fruits. L'abricot doit à l'extrême doux joindre le fondant prononcé ou le cassant impérissable et avoir le parfum d'abricot. Le musc et le pateux sont pour ce fruit le plus grand des vices. La prune doit comme l'abricot être fondante ou cassante et surtout sapide. Son parfum peut varier. Des modèles en genre opposé sont la reine-claude et la prune d'octobre. L'espece doit subir la reforme. Le pareil de ce qui existe est presque immédiatement obtenu. La cérise offre quelques modeles de perfection, mais que cependant tous les créations nouvelles surpassent. Les sortes fondantes doivent être sans chair, celles cassantes doivent avoir la chair tendre. Toutes doivent avoir une suffisance de sucre pour que le doux prédomine, même dans celles où l'aigrelet est le plus abondant.

 

The apricot does not offer more. The difference in shape is to be long, flat or round. The color differs only in nuance. The early ones are whiter. The cherry has its sweet fruits and sour fruits, which are found in our woods, in our hayes and on our hills, but only for the difference in flavor. The subspecies types of other varieties must be found elsewhere, which is also for the plum, of which we have here only the subspecies of three varieties, subspecies for the forms and to which a variety may reasonably be reported. This leads to having to admit a local under-influence exerting its [174] activity on the natives and exercising it at slight differences of latitude, and all of which are necessarily included in the native zone, unless they are of opinion, that the three sub-species forms which we have at home may have given rise to all the forms under which the different varieties have occurred, which would be a most formidable effect of variation, for the plums are among the various species of fruits whose forms are the most different. The pear and the apple are not affected by local under-influence, because the subspecies of all the varieties known at home and elsewhere and those of many varieties that have not yet appeared or have disappeared are wild in our woods or on our hills. The roses that I acquired for their seed, to begin a course of experiments on their embellishment, different from the one I had hitherto followed, were already, at their fourth renewal of seed. If from the first sowing and even from the second, we had obtained a number of distinguished flowers, is it believed that the rose would have continued to be a subject of research for the amateur? Certainly not, because what does not cost trouble is priceless. Does one believe that if it were only a matter of sowing the seed of a good old pear to immediately have such a new pear, that an amateur seedling in this kind of fruit would never have been made? Each one would have sown for his use, for sale or consumption, as one sows the grain, [175] vegetables and other edibles. We would have done as we can now. Sowing and resting on the goodness of the product, but this was not so in principle and became so only after a very long lapse of time and after an uninterrupted succession of generations into direct descent. We only seek what we hope to find, and what is not lost cannot be found. If in order to restore the fruit trees it had only been a matter of planting the seed, no one would have allowed himself to enter a different road to achieve the same goal with the object of engaging in amateur research. The way would have been too simple to want to look for another one. That, by not following the same rule as me, one is at the end of the same time that I managed to obtain some results that one believes good, it can depend on the meaning that one attaches to the term good. The one I attach to it is, for the pear, whether it is melting or buttery and tasty, that it is the taste of everyone; to eat it with the same pleasure, after as before having eaten other good fruits, that the graft leaves it the same and that temporarily the season does not change it. Who does not believe in this perfection does not know the kind of pear that I call good. The lack of one of these qualities would lower him to the rank of the mediocre, and from that rank to that of bad there is no great way to go. To be good an apple can not be sweet only. Its flavor must unite the tart, the sweet and the vinous, which together form the flavor; its flesh must be tender and do what is called cleansing the palate; it must have perfume. A peach must be as I said that are our last procreation peaches. She must be the queen of fruits. The apricot must at the extreme sweet join the pronounced melting or the imperishable brittle and have the scent of apricot. The musk and the pasty are for this fruit the greatest of the vices. Plum must like apricot be melting or brittle and especially tasty. Its scent can vary. Models in opposite genres are the 'Reine Claude' and the October plum. The species must undergo reform. The same of what exists is almost immediately obtained. The cherry offers some models of perfection, but that all the new creations surpass. Melting kinds must be fleshless, brittle ones must have tender flesh. All must have a sufficiency of sugar so that sweetness predominates, even in those where the acid is the most abundant.

A l'époque où j'ai surpris dans ses secrets la marche graduelle du rosier en progrès de variation, j'avais déjà semé le poirier et autres espèces avec l'objet de les faire varier.Je savais qu'aucune des espèces commestibles ne se trouvait dans la nature, et je devais en conclure que celles que nous connaissions devaient avoir été produites par l'art. La question aurait pu être, si pour leur production l'art avait emploié le moyen de la fine culture ou si elle avait eu recours à la propagation par graine. Le premier moyen n'était pas plus [177] connu dans ses effets que le second, car on n'extrayait pas des sauvageons des bois pour les cultiver dans les jardins, et la greffe dispensait de semer pour avoir du bon fruit. Dans ce temps, qui est antérieur à la pratique de faire avorter les orages, les bonnes sortes de fruits étaient encore libres des maux dont elles sont actuellement affligées; mais j'avais vu, au jardin du béguinage, parmi des semés pour greffe, un franc de pied qui avait donné un fruit commestible. Cela suffisait pour me faire suivre la voie du semis et m'engager à entreprendre les expériences que j'ai continuées pendant 50 ans et auxquelles vient de mettre fin la catastrophe dont tant de peines et de dépenses n'ont pu sauver une plantation unique au monde, dont la pareille n'avait pas encore existé et dont on peut prédire que l'analogue ne sera plus formée, car l'objet de sa formation, qui était de poursuivre la vérification d'une loi nouvelle, n'animera plus ceux qui voudraient l'entreprendre, la vérification ayant été faite et avec elle le problême s'il fallait autre chose que le semis pour obtenir du bon fruit ayant été résolu. Le stimulant manquerait à l'entrepreneur et il n'y aurait plus de motif pour l'entreprise. Depuis j'ai su que des semis faits sans intention et dans le seul but de se procurer des sujets pour greffe avaient en plusieurs endroits produit des fruits passables et dans un petit nombre d'endroits, des fruits bons, Des particulièrement distingués parmi les sujets pour greffe avaient par respect pour leur belle forme été épargnés de la [178] greffe. Les plus heureusement organisés parmi ces pieds de choix avaient donné du fruit estimable. Dans les environs de Mons, une culture abandonnée et où des francs de poirier avaient eu tout le temps de se semer et resemer eux-mêmes, avait produit, en une succession d'années, quelques fruits de première perfection. Les amateurs de Mons ont semé et resemé la graine de ces fruits et d'autres de création encore plus récente et ont obtenu des sortes non moins parfaites. M. Poiteau possède la pièce où il est dit depuis quel temps, à quels intervalles et par qui ces fruits ont été gagnés. Aux deux suppressions des ordres religieux en Belgique, des jardins laissés longtemps sans culture ont dû offrir des résultats pareils. Chacun de ces jardins était par le laps du temps venu en possession de quelque fruit procréé de graine et dont le pepin, comme provenant d'un pied plus rustique, était préféré pour le semis. Cette graine donnait des sujets plutôt grands, ce qui était dans l'intérêt du semeur pour greffe. Le jardin des religieuses riches-claires de Malines a fourni les bons fruits dont M. le comte De Coloma a enrichi le domaine de pomone. Le premier gagné de ces fruits fut l'urbaniste. La beauté du sauvageon qui l'a fourni fut d'abord remarquée par M. Stoffels, ami du comte. M. De Coloma fut en possession de ce jardin immédiatement après la suppression de l'ordre (1786). Après la mort de M. De Coloma, le jardin fut loué, et les arbres disparurent. Son nouveau propriétaire avait dès 1788 fait des semis dont sont provenues d'autres [179] bonnes sortes et, parmi elles, la Princesse d'Oranrange, la Reine des poires, la Suprème etc.   At the time when I surprised in his secrets the gradual progress of the rose in progress of variation, I had already sown the pear and other species with the object of making them vary. I knew that no species of edible was in nature, and I had to conclude that those we knew must have been produced by art. The question could have been, if for their production the art had used the means of the fine culture or if it had resorted to the propagation by seed. The first means was no more known in its effects than the second, for they did not extract savages from the woods to cultivate them in the gardens, and the transplant did not require sowing to have good fruit. In that time, which predated the practice of aborting storms, the good kinds of fruit were still free from the ills with which they are now afflicted; but I had seen, in the garden Beguine, among seed for graft, a franc of foot which had given a edible fruit. That was enough to make me follow the path of sowing and to commit myself to undertake the experiments that I have continued for 50 years and which has just ended the catastrophe of which so many penalties and expenses have not been able to save a single plantation. world, whose like had not yet existed and of which one can predict that the analogue will no longer be formed, because the object of his formation, which was to continue the verification of a new law, will not animate those who would like to undertake it, the verification having been made, and with it the problem if it were necessary for anything other than sowing to obtain good fruit having been solved. The incentive would be lacking to the entrepreneur and there would be no motive for the company. Since then I have known that seedlings made without intention and for the sole purpose of procuring grafting material had in many places produced fair fruit and in a few places, good fruit, particularly distinguished among the subjects for graft had out of respect for their beautiful form been spared from the [178] transplant. The most fortunately organized among these feet of choice had yielded valuable fruit. In the neighborhood of Mons, an abandoned culture, where pear-tree francs had had all the time to sow and reseed themselves, had produced, in a succession of years, some fruits of first perfection. The amateurs of Mons have sown and resown the seed of these fruits and others of even more recent creation and have obtained no less perfect kinds. M. Poiteau possesses the room in which it is said from what time, at what intervals, and by whom these fruits have been gained. At the two suppressions of the religious orders in Belgium, gardens left long without culture had to offer similar results. Each of these gardens was by the lapse of time come in possession of some fruit procreate seed and whose seed, as coming from a more rustic foot, was preferred for sowing. This seed gave rather large subjects, which was in the interest of the transplant sower. The garden of the rich-clear nuns of Malines provided the good fruits of which the Count De Coloma enriched the area of ​​pomona. The first won of these fruits was the planner. The beauty of the savage who furnished it was first noticed by M. Stoffels, friend of the count. Mr. De Coloma was in possession of this garden immediately after the suppression of the order (1786). After the death of Mr. De Coloma, the garden was rented, and the trees disappeared. As early as 1788, its new owner had planted some of the best kinds and, among them, 'Princesse d'Orange', 'Reine des Poires', 'Suprème' etc.
La connaissance des fruits gagnés dans le voisinage de Mons ne se répandit que très-tard dans le restant de la Belgique. Ce fut à une vente d'arbres au grand jardin que j'ai depuis occupé, que, pour la première fois, je rencontrai le Passe-colmar, l'un des fruits de Mons, et que je trouvai occasion d'en acquérir une très-jeune greffe. Les autres sortes, la rance, le beurré d'hiver, la délice, me parvinrent sous le patronage de M. l'Abbé Duquesne. La lettre annonçant l'envoi, et que j'ai sous les yeux, est datée du 5 janvier 1808. L'existence des bons fruits de Mons n'a donc pu être d'un grand profit pour le succès de mon entreprise.   The knowledge of the fruits raised in the neighborhood of Mons spread only very late into the rest of Belgium. It was at a sale of trees in the large garden that I have since occupied that, for the first time, I met 'Passe-Colmar', one of the fruits of Mons, and that I found occasion to acquire one of them, a very young transplant. The other kinds, 'Beurre Rance', 'Beurre d'Hiver', 'Délice', came to me under the patronage of Abbe Duquesne. The letter announcing the dispatch, and which I have before me, is dated January 5th, 1808. The existence of the good fruits of Mons could not be of a great benefit for the success of my enterprise.
J'ai commencé mes expériences à l'occasion de devoir prendre un jardin pour la culture du Rhus radicans, dont M. Dufresnoy, de Valenciennes, venait d'introduire l'usage en Médecine. Il y a de cela bien 50 ans. Elles n'ont pas été un seul moment interrompues pendant ce long intervalle. Un moment seulement, ainsi qu'on a pu le voir, je me suis relaché sur l'observance du principe. Je semais des fruits du jardin de mon père où ne se trouvaient que d'anciens fruits. La généralité des poires consistait en beurré-gris, saintgermain, doyenné, verte-longue, calebasse et grande-bretagne. Je ne pris les pepins que des meilleurs. Je semais aussi d'une excellente pêche et de bons abricots. Mes pepins de pomme, dont le jardin de mon père ne renfermait aucune sorte, [180] furent empruntés, au verger du béguinage, à une variété superbe, délicieuse, et que je n'ai depuis nulle part rencontrée. On la nommait Ramboeninck (Rambour) sans autre désignation. De ces divers semis, je n'ai presque rien obtenu qui vaille pour la poire. Je l'avais peut-être reprise de trop haut en la fesant avec la graine des variétés les plus pourries ou prêtes à devenir les plus pourries, car alors elles ne l'étaient pas encore; mais depuis, et pas longtemps après, elles le sont devenues. Le germe de la corruption était déjà dans l'arbre et le fruit, celui de la purification, par où j'entends le dépouillement de ce que la variation lui avait fait contracter d'opposé à sa nature sauvage, dans la graine. Ces premiers semis n'étaient nécessairement pas larges, et les chances pour obtenir des fruits de bonne fortune n'étaient pas grandes. Les fruits de premier jet bons sont rares et ne peuvent que par hasard être compris dans un semis borné. S'il avait été moins rare d'obtenir de graine un fruit d'estime, tout le monde aurait semé dans l'espoir de se procurer un pareil fruit. C'était à nous Belges qui avions toujours tant semé la poire de savoir d'avance ce que son semis pouvait accorder et ce qu'il devait refuser. Le semis suivant, fait avec la graine du précédent, et avec ce que cette graine offrait de moins sauvage, produisait déjà un bon nombre de passables et quelques-uns que leur état de fraicheur pouvait faire considérer comme bons. Pour le troisième semis je ne prenais que la graine de ces deux sortes. Les progrès en amélioration étaient [181] alors frappans et je pouvais déjà dire que la loi de perfectionnement que j'avais entrevue était établie sur des bases solides et n'avait plus besoin d'être ultérieurement confirmée. J'obtenais à coté de très-bon, du très-mauvais et du plus décidément mauvais que je n'avais obtenu dans le premier semis, sans toutefois qu'il y eut une proportion gardée entre les deux. Si l'on supposait que dans la graine du même fruit le passable se partage en meilleur et en moins bon, on aurait une explication de ce fait si singulier que la graine de la même variété se compose de partage en moins affectée et en plus affectée pour le rapprochement de l'état sauvage. Si cela avait été autrement, la loi générale de la relativité en toutes choses aurait trouvé une exception dans celui des règnes où le moins de déviation de la marche tracée est à rencontrer. J'ai déjà dit, et je trouverai occasion de le dire encore, dans quelle progression, aux semis suivans, mes fruits se sont améliorés.   I began my experiments on the occasion of having to take a garden for the cultivation of Rhus radicans, of which Mr. Dufresnoy, of Valenciennes, had just introduced the use in Medicine. It's been 50 years. They have not been interrupted for a moment during this long interval. Only a moment, as we have seen, I relaxed on the observance of the principle. I sowed fruits from my father's garden where there were only old fruits. The generality of the pears consisted of 'Beurre Gris', 'Saint-Germain', 'Doyenne', 'Vert Longue', 'Grosse Calebasse', and 'Grande Bretagne'. I took the seeds only of the best. I also sowed excellent peaches and good apricots. My apple pips, of which my father's garden contained no kind, [180] were borrowed from the orchard of Beguine, a superb, delicious variety, which I have not seen anywhere since. It was named Ramboeninck (Rambour) without further designation. Of these various sowings, I have obtained almost nothing that is valuable for the pear. I might have picked it up too high by feasting it with the seed of the most rotten varieties or ready to become the most rotten, because then they were not so; but since then, and not long after, they have become so. The germ of corruption was already in the tree and the fruit, that of purification, by which I mean the stripping away of what the variation had made him contrive, contrary to his wild nature, in the seed. These first sownings were not necessarily large, and the chances of obtaining fruits of good fortune were not great. Good first-order fruits are rare and can only coincidentally be included in a limited seeding. If it had been less rare to obtain a seed of esteem, everyone would have sown in the hope of obtaining such a fruit. It was up to us Belgians who had always sowed the pear so much to know in advance what his sowing could do and what he should refuse. The following sowing, made with the seed of the preceding, and with what this seed offered of less savage, already produced a good number of passables and some that their state of freshness could make consider as good. For the third sowing I took only the seed of these two kinds. The progress in improvement was then striking, and I could already say that the law of perfection which I had been studying was established on solid bases and did not need to be confirmed later. I was getting very good, very bad, and most decidedly bad, which I had not obtained in the first sowing, though there was not a proportion kept between the two. If we suppose that in the seed of the same fruit the passable is divided into better and less good, we would have an explanation of this fact so singular that the seed of the same variety is composed of sharing less affected and more affected for the approximation of the wild state. If it had been otherwise, the general law of relativity in all things would have found an exception in that of the kingdoms where the least deviation of the traced step is to be met. I have already said, and I shall find occasion to say it again, in what progression, at the following sowing, my fruits have improved.
Pendant ce temps, mon jardinier Meuris et moi, nous fesions des excursions aux villages environnans et dans les villes plus ou moins voisines de Bruxelles avec l'espoir d'y rencontrer des sauvageons de belle apparence, dont nous fesions l'acquisition; et quand on refusait de vendre, nous en cueillimes des greffes et, quand nous ne pouvions obtenir ni l'un ni l'autre, enlever à l'inaperçu une greffe aurait été faire un larcin; nous trouvions moins ignoble de voler l'arbre et nous fesions ce vol. L'un aurait été un acte qu'on [182] pouvait cacher, l'autre devait devenir apparent. Il y avait la différence de tromper à violenter. Entre ces deux le choix n'était pas difficile. Pour le prix de l'arbre nous nous mettions ensuite à la discrétion du propriétaire. Le Rousselet, arbre-volé, a été obtenu de pareil arbre. Son aspect était des plus beaux et le propriétaire nous disait qu'un autre sauvageon dont le fruit était excellent en avait fourni le pepin. ll fut enlevé au milieu de l'été. Nous ne pensions pas alors qu'entre nos mains un arbre pouvait périr. Les greffes recueillies étaient placées sur les mauvais aspects de nos semis ou sur les latérales d'arbres faits.   During this time, my gardener Meuris and I were making excursions to the surrounding villages and to the more or less neighboring towns of Brussels with the hope of meeting some pretty-looking wildlings, which we were acquiring; and when they refused to sell, we collected grafts and, when we could not obtain either, removing unnoticed a transplant would have been a theft; we found it less vile to steal the tree and we were doing this theft. One would have been an act that could be hidden, the other had to become apparent. There was the difference between deceiving and assaulting. Between these two the choice was not difficult. For the price of the tree we then put ourselves at the discretion of the owner. The Rousselet, tree-stolen, was obtained from such a tree. His appearance was most beautiful and the owner told us that another savage whose fruit was excellent had provided the seed. He was kidnapped in the middle of the summer. We did not think then that in our hands a tree could perish. The grafts collected were placed on the wrong aspects of our seedlings or on the side of trees made. 
Je cherchai aussi à me procurer dans l'intérieur et au dehors du pays et à l'étranger les sortes que je ne connaissais pas. M. le comte De Pestre eut la bonté de me faire envoyer les sortes de Tournay, M. l'Abbé Duquesne, celles de Mons. Namur et Liége m'envoyèrent directement les leurs, Les autres villes n'avaient pas des pépinières consacrées au même article qui fussent connues. Les sortes de France me parvinrent de Metz et, plus tard, aussi de la pépinière impériale. De Metz, je n'ai reçu de neuf que la Jaminette, qui était bonne pour toutes, et du Luxembourg, que la Chaptal, qui était mauvaise pour toutes. J'avais besoin des sortes anciennes non cultivées chez nous, d'abord pour les connaitre et ensuite pour rapporter à quelquesuns de leurs caractères les nouvelles sortes que j'aurais voulu décrire. Après que je m'eusse imprimé dans la mémoire les caractères de ces sortes, je me suis débarrassé de leurs arbres, qui étaient [183] devenus une charge pour le jardin. M. le Baron Della Faille d'Huyssche, le promoteur constant de mes recherches et que le pays vient de perdre, en acheta la plus grande partie. Rien n'est toujours bien, rien n'est longtemps bien, rien n'est · deux fois bien dans une culture, je pourrais dire en tout ce qui est confié à l'homme, car de tous ces arbres, de toutes les sortes dont les greffes reçues de mes correspondans m'avaient mis en possession, peu de chose a échappé à la faulx destructrice de l'insouciance. ll est vrai que peu de chose, hors les sortes anciennes avouées bonnes, méritait d'être soigné. L'esprit de perfectionnement qui me dominait en fut encore fortifié. Cet esprit a pour soutien l'incertitude du résultat que l'essai doit donner.   I also tried to procure in the interior and outside of the country and abroad the sorts that I did not know. Count de Pestre was kind enough to send me the Tournay, Monsieur l'Abbé Duquesne, and those of Mons. Namur and Liege sent me directly theirs, the other cities did not have nurseries devoted to the same article which were known. The sorts of France came to me from Metz, and later also from the imperial nursery. From Metz, I received only nine Jaminette, which was good for all, and Luxembourg, that La Chaptal, which was bad for all. I needed the old, uncultivated things at home, first to know them, and then to relate to some of their characters the new kinds that I would have liked to describe. After I had printed the characters of these kinds in my memoire, I got rid of their trees, which [183] became a burden for the garden. Baron Della Faille d'Huyssche, the constant promoter of my research and whom the country has just lost, bought most of it. Nothing is always good, nothing is good for a long time, nothing is twice as good in a culture, I could say in all that is entrusted to man, because of all these trees, of all kinds whose transplants received from my correspondents had put me in possession, little has escaped the destructive scythes of recklessness. It is true that very little, apart from the old varieties declared good, deserved to be treated. The spirit of perfection which dominated me was strengthened again. This spirit is supported by the uncertainty of the result that the essay must give.
Ce n'est pas ainsi qu'on commence; on ne laisse pas s'écouler de 12 à 14 ans en pure perte en attendant le rapport d'un premier semis. On se procure la graine d'une sorte récente, qui nulle part est difficile à trouver, et on la sême. On achête aussi des francs sur le point de rapporter, qu'en été on juge d'aprés leur feuille et qu'en hiver, un connaisseur peut aussi juger d'après leur bois. Si les aspects sont beaux le fruit ne pourra pas être mauvais et, quand même il le serait et fut-il très-mauvais, ce sera toujours le fruit d'un renouvelé. Dans les pays où les variétés de la Belgique ont pénétré, on prend la graine de ces variétés et de préférence celle des plus récentes. On va alors vite en besogne et on n'a pas sitot semé que déjà on a perfectionné. [184]   This is not how we begin; it is not allowed to run from 12 to 14 years in pure loss while waiting for the bearing of a first sowing. We get the seed of a recent kind, which nowhere is difficult to find, and we even have it. One also buys stock about to bear, that in summer one judges according to their leaf and in winter, a connoisseur can also judge according to their wood. If the aspects are good, the fruit can not be bad, and even if it were, and was it very bad, it will always be the fruit of a renewed one. In the countries where the varieties of Belgium have entered, we take the seed of these varieties and preferably that of the most recent ones. So we go quickly to work and we did not sow what we have already perfected. [184]
Si, à mon premier semis, au lieu de prendre le pepin des sortes anciennes fines, je m'étais prévalu de celui de l'une ou l'autre des nombreuses sortes de poirettes de graine, cultivées au pays wallon et qui, pendant la saison des poires, inondent les marchés de Bruxelles, j'aurais été de 12 à 14 ans plus avancé; mais je nourrissais l'idée si fausse que le bon devait fournir le bon. Je ne fesais pas attention à la circonstance où il pouvait le fournir, et j'ignorais encore que le renouvellement fesait tout pour l'amélioration et la qualité, rien; que renouveler était détourner de la qualité sauvage du pepin et ramener à la qualité domestique du fruit. Ces poirettes dures et que l'ultramaturité rend commestibles pour les enfans du peuple misérable, sont la production d'un premier semis. Elles sont de vente facile à cause qu'elles sont vendues à vil prix. Elles remplissent bien les sacs et, à force d'être dures, elles ne sont pas froissées par le transport. On les entrecueille pour qu'elles le soient davantage. Les arbres en rendent un nombre égal à celui de leurs feuilles. Les cultivateurs de ces fruits ont de bonne heure compris tout ce qu'il y a dans le principe de la bonification du fruit et l'ont appliqué à l'obtention de leur but qui est d'avoir toujours du fruit pareil. Ils ne voudraient pas en avoir d'autre. Ils ne pourraient l'ammener de loin, et ce fruit serait de vente plus difficile. On ne trouverait pas à s'en défaire ailleurs, car ce n'est que dans les grandes villes où le peuple est particulièrement misérable et où le riche maintient le bon à des [185] prix hors de la portée du pauvre. On sême donc pour avoir de ce fruit petit, vilain et dur. Le moyen qu'on emploie pour l'obtenir est de semer le pepin de bon fruit ancien. Ils savent que s'ils semaient le pepin du méchant fruit que celui du bon fruit leur fournit, ils obtiendraient du bon, et le bon n'est pas dans leur commerce. Ils spéculent à avoir du mauvais comme article de demande. Ils ont dû s'imbiber du principe que le bon donne du mauvais et le mauvais, du bon. Cela n'a pas dû leur paraitre étrange puisque c'est aussi de même pour le temps; et cette sorte de cultivateurs ne voit que le temps et ses poires. Pour eux, tout le reste passe inaperçu. La poire seule rapporte de l'argent et le temps fait rapporter la poire. Ils savent que le poirier extrait du bois ne donne rien. Le rapport abondant, et qui l'est au premier semis comme au dernier, est donc une oeuvre que la civilisation par variation a introduite. Cela dépend de l'habitude de vivre en société, car l'arbre spontané du bois rapporte dans le bois presque à l'égal de ce que l'arbre semé des jardins rapporte dans les jardins. Ce dernier serait aussi pauvre en rapport dans les bois que le premier l'est dans les jardins.Voilà cependant un mode de se procurer du méchant en semant le pepin du bon qui s'est perpétué pendant des siècles, car de temps immémorial ce fruit quasi-sauvage est vendu aux marchés de Bruxelles. Je ne sais comment un fait si notoire et fondé sur une si longue expérience pourra être mis en accord avec la prétention que le semis ne doit pas [186] être répété pour que le fruit s'améliore.   If, at my first sowing, instead of taking the pépin the fine old varieties, I had availed myself of that one of the many kinds of seed pears, grown in Wallonia and which, during the season of pears, flood the markets of Brussels, I would have been 12 to 14 years more advanced; but I nourished the idea so false that the good had to provide the good. I did not pay attention to the circumstance in which he could provide it, and I did not know that renewal was everything for improvement and quality, nothing; that to renew was to divert from the wild quality of the seed and to bring back to the domestic quality of the fruit. These hard little pears, which the over-ripeness renders edible for the children of the poor people, are the production of a first sowing. They are easy to sell because they are sold at a low price. They fill the bags well and, by being hard, they are not wrinkled by the transport. We pick them up to be more so. The trees make a number equal to that of their leaves. The growers of these fruits have early understood all that there is in the principle of the fruit bonus and have applied it to the attainment of their goal of always having fruit like this. They would not want to have another one. They could not bring it from far away, and selling this fruit would be more difficult. It would not be possible to get rid of it elsewhere, because it is only in the big cities where the people are particularly miserable and where the rich keep the good at [185] prices beyond the reach of the poor. So we sean[?] to have this fruit small, ugly and hard. The means used to obtain it is to sow the seed of good old fruit. They know that if they sow the seed of the wicked fruit that the good fruit gives them, they will get good, and the good is not in their trade. They speculate to have bad as a demand article. They had to imbibe the principle that good gives bad and bad, good. This should not have seemed strange to them since it is also the same for time; and this sort of farmer sees only time and his pears. For them, everything else goes unnoticed. The pear alone brings in money and the time brings the pear back. They know that the pear tree from the wood gives nothing. The abundant bearing, which is so at the first sowing as well as the last, is therefore a work which civilization by variation has introduced. It depends on the habit of living in society, because the spontaneous tree of the wood yields in the wood almost equal to what the tree sown gardens brings back in the gardens. The latter would be as poor in the woods as the first is in the gardens. However, this is a mode of procuring the wicked by sowing the seed of the good that has been perpetuated for centuries, because from time immemorial this nearly-wild fruit is sold on the Brussels markets. I do not know how such a well-known fact, based on such long experience, can be put into agreement with the claim that sowing should not be repeated for the fruit to improve.
Une loi générale pour la récolte de la graine à l'usage des expériences est de cueillir le fruit vert. La graine ne peut pas être mure. Tous les semeurs en plantes fines le savent. La maturité donne la force; la graine pour ces plantes doit avoir la faiblesse en partage et qu'y a-t-il de plus faible que ce qui est resté en route de grandir ? Un choux, une laitue, ne pommerait pas s'il avait la force de monter immédiatement à graine. Pour acquérir cette force, il faut que le plant couve sous sa pomme les rudimens de la fleur. Le plant malingre monte de suite étant pressé de se reproduire. On entrecueille donc le fruit pour cette graine hors celui d'hiver qui s'entrecueille lui-même. On sent d'après cela combien la graine du fruit que l'ultra-maturité fait tomber de l'arbre doit être peu propre pour cette destination. Le besoin de cueillir par parties fractionnées le fruit de premier rapport nous met en possession de beaucoup de graine de fruits verts et c'est peutêtre à cela que l'apparition de fruits extraordinairement bons est due.   A general law for harvesting the seed for the use of experiments is to pick the green fruit. The seed can not be mature. All sowers in fine plants know it. Maturity gives strength; the seed for these plants must have weakness in sharing and what is weaker than what was not yet grown? A cabbage, a lettuce, would not head if it had the strength to go immediately to seed. To acquire this strength, the seedling needs to be coddled in the fruit beneath the remnants of the flower. The sickly plant rises immediately, being in a hurry to reproduce.  Therefore, the fruit is harvested for this seed, except for the winter that is self-absorbing. From this we can feel how much the seed of the fruit that the ultra-maturity makes fall from the tree must be little proper for this use. The need for fractional harvesting of the first fruit gives us possession of a lot of green fruit seed, and that is perhaps why the appearance of extraordinarily good fruit is due.
Quand dans l'amélioration obtenue par le semis on n'a considéré que le fruit, on a oublié le principal, qui est le retour de l'arbre à l'état de santé, retour duquel dépend le maintien du fruit dans ses qualités acquises. On doit encore y voir cette autre particularité, à la fois curieuse et agréable, que jamais en espèces poire et pomme et aussi prune, qui sont les trois sortes dont il existe le plus de sous-espèces dans la nature, non seulement [187] une variété ne se réproduit jamais identique de sa propre graine mais que jamais sa pareille n'est produite de la graine d'autres variétés. Les formes se rapprochent bien de l'une ou l'autre sous-espèce mais ne sont jamais les mêmes. Cela était surtout dans le principe lorsque la bonification commençait à se dessiner largement; c'est ce rapprochement de forme qui m'a permis de donner comme générique le nom spécifique, trivial si l'on veut, le nom de la variété qui comme sous-espèce avait le plus de rapport avec le nouveau fruit. De là sont nés le colmar-Delvigne, la calebasse-Bosc, le doyenné-Sentelet, le rousselet-Theuss etc. Depuis, les formes se sont trouvées moins prononcées; il semble qu'à mesure qu'on avance en amélioration du fruit on avance en variation de sa forme; en d'autres termes, que plus on s'éloigne de l'état sauvage plus les formes de cet état s'effacent. Il y a maintenant une fusion si grande de formes, qu'on ne saurait plus dire laquelle prédomine et qu'on est embarrassé dans le choix de la sous-espèce à laquelle un nouveau fruit doit être rapporté. Les saveurs aussi sont différentes pour toutes les sortes. Il n'y a que le fondant ou le beurré qui ne peut varier sans qu'une variété soit reputée mauvaise, s'entend, pas assez bonne pour être conservée, pour ne pas être répudiée. L'expression de cette qualité devrait se trouver en tête de toute mention de poire nouvelle qu'on livre à l'attention des amateurs. C'est une enseigne de récommandation qui seule peut inspirer la confiance. Sans ce préalable, tout ce qui suit ne [188] présente plus d'intérêt. C'est une saveur, si saveur cette qualité peut être nommée, qui plait à toutes les bouches, et il n'y a qu'un parfum, qui est celui de musc, qui puisse ne pas trouver des partisans. Tout autre gout supposé déplaisant aux uns et plaisant aux autres est un manque de qualité et un motif de réprobation. Quand dans la poire la forme du fruit se rapproche, celle du port, du bois, de la feuille, dans le rapport que le rapprochement est plus grand, le plus souvent s'éloignent. Le port, le bois, la feuille de la calebasse-Bosc n'ont rien qui rappelle la calebasse ordinaire et, ni de loin, ni de près, la sous-espèce calebasse des bois. Les variétés de la sous-espèce colmar conserve le moins infréquemment une rassemblance de feuilles. La Sylvestre, qui est une variété très-prononcée de cette sous-espèce, les passecolmars contemporains, la Wurtemberg et autres sont dans ce cas, mais le colmar-Deschamps s'en éloigne, et les colmars Navez et Nelis en sont les plus distans possible. Ce sont, parmi les sauvageons de belle apparence, les aspects du colmar et du saint-germain qui donnent le fruit, ou le plus parfait, ou le plus médiocre. J'ai plus d'une fois eu des simili-colmar et des simili-saint-germain si beaux que pour aucun argent je ne m'en serais défait et dont le fruit n'a en rien répondu à ce que l'arbre promettait. Ces colmars ne sont tels que de forme;pas un seul parmi le grand nombre que j'en ai gagné, ne l'est de gout.Aussi bons, meilleurs, mais pas les mêmes. Dans l'espèce-pommier c'est également ainsi; la [189] forme, le gout, le port, la feuille varient. On obtient les proches de toutes les variétés, pas un seul identique de forme et de gout. On n'a pas reproduit purs le calville blanc, pas le pepin d'or, aucune des bonnes reinettes. On a eu des variétés de leurs sous-espèces. Je me suis plaint de ne pas avoir vu reparaitre le courtpendu, qui est une sorte de reinette à courte queue, mais j'aurais pu éléver la même plainte à l'égard des sortes que je viens de nommer. Il est vrai que j'ai obtenu beaucoup de simili-calville, des simili-reinette, pas absolument des simili-pepin d'or. Les simili-bellefleur sont fréquens; labelle-fleur pure reste encore à maitre: elle ne naitra pas. Les formes de l'espèce pommier se confondent encore bien plus que celles de l'espèce poirier. Elles s'embellissent dans la suite des semis, et dès les premiers semis on rencontre des formes de réprésentation à côté de beaucoup d'informes, des formes de pieds sauvages, considérablement augmentées en volume. La pomme-cérise nait du pepin de la pomme ordinaire. J'en ai obtenu des cérises doubles et triples et que pour le gout on préferait aux meilleures sortes ordinaires. Plusieurs, dans leur propagation par la greffe, ont doublé et sous-doublé leur fleur. Je ne sais pas ce qui nait de la pomme-cérise. Je n'en ai jamais semé. Dès l'instant que j'ai vu que la pomme s'améliorait si promptement j'ai cessé de m'en occuper. Je crois l'avoir déjà dit. J'en fesais même si peu de cas que rarement j'en joignais à mes envois en greffes de poires. Dans le désastre de mon jardin il en a péri par centaines, [190]  

When in the improvement obtained by sowing we have only considered the fruit, we have forgotten the principal, which is the return of the tree to the state of health, return of which depends the maintenance of the fruit in its acquired qualities. We must still see this other peculiarity, at once curious and agreeable, than ever in pear and apple and also plum species, which are the three kinds of which there are the most subspecies in nature, not only [187] a variety never reproduces itself of its own seed, but never is it produced from the seed of other varieties. The forms are close to one or the other subspecies but are never the same. This was especially in principle when the improvement began to emerge widely; it is this approximation of form that allowed me to give as generic the specific name, trivial if you will, the name of the variety which as subspecies had the most connection with the new fruit. From there were born the 'Colmar-Delvigne', the 'Calebasse Bosc', the 'Doyenné Sentelet', the 'Rousselet Theuss', and so on. Since then, the forms have been less pronounced; it seems that as one advances in the improvement of the fruit one advances in variation of its form; in other words, the further one gets from the wild, the more the forms of that state fade away. There is now so great a fusion of forms, that one can no longer say which predominates and which is embarrassed in the choice of the subspecies to which a new fruit is to be reported. The flavors are different for all kinds. Only the melting or buttery can not vary without a variety is deemed bad, is understood, not good enough to be kept, not to be repudiated. The expression of this quality should be at the top of any mention of new pear that is delivered to the attention of amateurs. It is a sign of recommendation that alone can inspire confidence. Without this prerequisite, all that follows [188] is of no more interest. It is a flavor, so flavorful this quality can be named, which appeals to all mouths, and there is only one perfume, that is that of musk, which may not find partisans. Any other taste that is unpleasant to some and pleasant to others is a lack of quality and a reason for disapproval. When in the pear the form of the fruit approaches, that of the port, the wood, the leaf, in the relation that the approximation is greater, more often than not. The port, the wood, the calebasse-Bosc's leaf have nothing reminiscent of the ordinary calabash, and, from afar or near, the calebasse subspecies. Varieties of the colmar subspecies have the least infrequent leaf collection. Sylvester, which is a very pronounced variety of this subspecies, the contemporary Passe-Colmars, Wurtemberg and others are in this case, but Colmar-Deschamps is moving away from it, and Colmar Navez and Nelis are the most distant. possible. It is among the wild-haired ones of good appearance, the aspects of the colmar and the Saint-Germain that give the fruit, or the most perfect, or the mediocre. I have more than once had simili-colmar and simili-saint-germain so beautiful that for no money I would not have undone and whose fruit did not respond to what the tree promised. These colmars are only of form; not one of the great number that I have won, is not of taste. As good, better, but not the same. In the species-apple tree it is also so; the [189] shape, taste, port, leaf vary. We get the relatives of all varieties, not one identical in form and taste. The Calville Blanc, not the 'Pepin d'Or', and none of the good Reinettes, have not been reproduced. We had varieties of their subspecies. I complained that I did not see the Court-Pendu, which is a kind of short-tailed pippin, reappearing, but I could have raised the same complaint with regard to the kinds I just named. It is true that I got a lot of faux-Calville, imitation-Reinette, not absolutely faux-Pepin d'Of. The almost-Bellefleur are frequent; pure labellum flower still remains master: it will not be born. The forms of the apple species are much more confused than those of the pear species. They become embellished in the course of the sowing, and from the first sowing we find forms of representation beside many forms, forms of wild feet, considerably increased in volume. The cherry apple is born from the ordinary apple pip. I have obtained double and triple cherries and that for the taste it is preferable to the best ordinary kinds. Several, in their propagation by the graft, have doubled and under-doubled their flower. I do not know what is born of the apple-cherry. I never sowed it. From the moment I saw that the apple was improving so quickly I stopped taking care of it. I think I said it already. I made even few cases that rarely I joined my shipments of pear grafts. In the disaster of my garden he perished by the hundreds, [190]

     
     
     

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