Journal l'Agriculture Pratique 1: 64-67 (August 1843)

DE LA GREFFE DU ROSIER SUR ÉGLANTIER.

Comte LELIEUR, de Ville-sur-Arce,
Ancien intendant général des jardins de la couronne.

La plupart des jardiniers se croiront dispensés de lire cet article, pensant qu'ils connaissent trop parfaitement tout ce qui a rapport à la greffe; ils devraient cependant savoir qu'un cultivateur, quelque habile qu'il soit, ne peut que gagner de nouvelles lumières en examinant avec attention les procédés de ceux qui se vouent à une culture spéciale.

Le rosier se greffe ordinairement sur églantier de deux manières: en écusson, ou en fente. La greffe en écusson se pratique à oeil poussant, ou à oeil dormant; nous préférons la greffe à oeil dormant comme plus favorable pour établir des rosiers sur des bases solides et vigoureuses; en effet, le rameau qui sort de l'oeil dormant a toute la saison pour croître, s'étendre, grossir et se consolider; on peut donc espérer que ses productions réuniront tous les avantages propres à son espèce. Le bourgeon qui sort de l'écusson à oeil poussant n'a qu'une partie de la saison pour végéter, et le rameau qui en provient est d'autant plus faible qu'il sort lui-même d'un oeil à peine formé; aussi il n'y a guère que les pépiniéristes qui écussonnent à oeil poussant, dans le but de débarrasser plus promptement leur terrain, et de réaliser dans une seule année le bénéfice qu'ils ne devraient faire que la seconde ou la troisième année. C'est pourquoi ils greffent à oeil poussant aussitot que les jeunes rameaux, sur lesquels ils doivent prendre les écussons, ont acquis un peu de consistance.

Nous greffons à oeil dormant dans le courant du mois d'août, plus tôt, ou plus tard suivant l'état plus ou moins avancé de la température, et aussi selon la nature de la terre plus ou moins favorable à la prolongation de la circulation de la sève; quelques variétés de sujets, tel que l'églantier à feuilles odorantes, doivent être greffes plus tôt que les autres; en un mot, le sujet doit avoir passé la fougue de la sève, mais il doit en avoir encore assez pour que les écorces se détachent facilement lorsqu'on les soulève. Quant aux rameaux sur lesquels on lève les écussons, il n'est nullement nécessaire qu'ils soient en sève au moment où l'on s'en sert.

On suppose que les sujets ont été plantés avant l'hiver ou au printemps, ce qui serait préférable; mais alors ils doivent avoir passé tout l'hiver en jauge, dans du terreau à une exposition chaude; ces sujets ont dû être habillés avant d'être mis en jauge; on a dû en tremper les racines dans de la bouse de vache et de la terre franche délayée. Lorsqu'au printemps on retire les églantiers de la jauge, pour les planter, on trempe encore leurs racines dans le même mélange, afin que les petites aiguilles blanches ou les spongioles naissantes qui apparaissent sur les grosses racines ne soient pas détruites par air ou le hâle; c'est aussi pour cette raison que, pour faire la plantation, l'on choisit un temps doux et couvert. Lorsque les églantiers poussent, nous supprimons tous les bourgeons qui paraissent sur la tige, au-dessous de l'endroit où nous voulons écussonner; nous ne laissons se développer dans toute leur étendue, sans les rogner, que les bourgeons placés au-dessus. On conçoit qu'un arbre nouvellement planté, auquel on laisse pousser beaucoup de rameaux, doit aussi pousser beaucoup de racines; un églantier, ainsi traité, sera nécessairement très abondant en sève, et renfermera tous les éléments d'une grande vigueur.

(1) Le seul cas où l'on pourrait écussonner à oeil poussant serait celui où l'on voudrait affaiblir une espèce dont la vigueur est nuisible à une belle forme et à une abondante floraison, tels que les rosiers M. et madame Déprez, le thé Lamarque, etc.

Les pépiniéristes, au contraire, ne laissent pousser à leurs églantiers, nouvellement plantés, que deux ou trois bourgeons qu'ils s'empressent d'écussonner à oeil poussant, aussitôt que ces jeunes pousses du sauvageon ont acquis assez de consistance pour supporter l'opération. Dès que l'écusson est soudé au bourgeon, ils se hâtent de le raccourcir, afin de faire développer l'oeil de l'écusson, ils pincent même cet oeil tout aussitôt qu'il a acquis une longueur de 0m,04 à 0m,05 , afin de former déjà une tête anticipée, avec les ramifications. Il est évident qu'un églantier ainsi traité ne peut, ni produire une tête vigoureuse, ni se garnir de racines, et que tout moyen de prospérité lui est à jamais interdit1; aussi les rosiers ainsi élevés n'ont-ils qu'une très courte durée, surtout ceux qui appartiennent à des variétés délicates.

Nous avons dit que nous écussonnions toujours sur le corps de l'arbre; nous ajouterons que nous plaçons deux écussons, opposés l'un à l'autre, pour peu que l'églantier soit de la  grosseur du petit doigt. La même laine sert à ligaturer les deux écussons. Nous cucillons les rameaux pour écussonner 36 ou 48 heures avant de nous en servir; après avoir retranché toutes les feuilles de ces rameaux, qui ne doivent conserver que des pédoncules très courts, on les dépose dans un lieu frais et obscur, d'où on ne les retire que quelques heures avant d'en faire usage; on les trempe alors par le gros bout dans un vase dont le fond contient de l'eau; le jardinier emporte ce vase avec lui dans la pépinière.

Après avoir choisi, sur la tige de l'églantier, une place unie, on y pratique deux incisions en forme de T, puis on soulève légèrement, avec la lame du greffoir, les bords de l'écorce; on détache l'oeil sur le rameau, en commençant par appuyer le talon de la lame à 15 ou 20 millimètres au-dessus de l'oeil; puis on coupe en fauchant, jusqu'à 9 millimètres au-dessous de l'oeil, de manière à terminer sa séparation du rameau avec la pointe de la lame, et à n'enlever avec l'écorce qu'une très petite portion de bois très mince. Cette opération doit être faite légèrement, d'un seul temps, sans se reprendre, s'il est possible.

On insinue cet oeil entre l'aubier et l'écorce du sujet, en soulevant l'écorce avec la spatule du greffoir, du bas en haut, d'un côté d'abord, puis de l'autre. Lorsque l'oeil de l'écusson se trouve être descendu dans l'incision à 9 ou 10 millim. au-dessous de l'incision transversale, on coupe l'excédant de l'écusson, juste en face de cette incision, en appuyant transversalement le tranchant de la lame sur cette incision; puis on appuie avec le pouce sur l'oeil, afin de le coller sur le sujet. Un second écusson se place de la même manière, à l'opposé du premier; on procède ensuite à la ligature des deux écussons à la fois, avec la même laine, ayant soin de commencer à ligaturer par le haut et à ne serrer qu'à mesure qu'on arrive vers l'oeil, et qu'on descend au-dessous.

Il ne faut pas perdre de vue que c'est par la sève descendante que l'oeil s'attache au sujet; c'est pour cette raison que nous faisons d'abord coïncider les écorces transversales du sujet avec celles de l'écusson, et que nous serrons très peu cette partie, afin que la sève descendante y arrive facilement. Plus tard on soustrait cet oeil à l'action de cette même sève descendante, afin de la déterminer à entrer en végétation.

Après avoir cueilli les rameaux , nous attendons pour nous en servir qu'ils aient perdu leur sève; parce que l'expérience nous a appris que les écussons ainsi levés sur de tels rameaux s'attachaient plus volontiers sur un sujet rempli de sève.

(1) Pour mieux faire apprécier combien il est avantageux de détacher l'écusson du rameau de manière à ne pas être obligé ensuite de retirer le peu de bois qui y demeure adhèrent, nous rapporterons le fait suivant: huit rameaux de rosier enveloppés dans une feuille de papier seulement ont été oubliés a la station de Bellevue, où ils sont restés trois jours exposés au soleil (mois d'août 1842); ce n'est que le quatrième jour qu'on s'en est servi pour écussonner, plutôt dans le but de faire expérience que dans l'espoir d'en tirer parti. Aussi a-t on pris pour sujet des églantiers déjà greffés; on a placé des écussons au-dessus des premiers, et tous les derniers écussons ainsi placés, au nombre de huit, ont réussi. Il est certain que si l'on se fût cru obligé, pour la réussite de l'opération, de retirer le bois de ces écussons, il eût été impossible de faire usage avec succès de rameaux très précieux que M. Lafaye avait bien voulu me confier; c'est donc avec raison que nous disons qu'il y a sûreté, célérité et économie de temps à en agir ainsi.
(2) Les pépiniéristes rabattent les sujets à 12 ou 15 lignes au-dessus des écussons, dans la crainte que la mortalité occasionnée par la taille ne gagne aussi promptement au-dessous de l'oeil de la greffe, ne l'affame, et ne la fasse périr; ils se servent aussi du chicot dépassant l'écusson pour y attacher les pousses et les préserver d'être décollées. Nous avions recommandé autrefois, dans un traité sur la culture du rosier, d'en agir ainsi; mais nous ne connaissions pas alors la propriété que possède la poix à greffer de conserver la vie jusqu'aux extrémités des parties raccourcies qui en sont recouvertes.

Si nous ne retirons pas le peu de bois qui reste attaché à l'écusson avant de l'introduire dans le sujet, c'est que nous avons reconnu depuis longtemps, que ce bois, loin d'être nuisible, devenait souvent très utile pour donner de la consistance, à une écorce quelquefois trop mince pour pouvoir glisser entre l'écorce et le bois du sujet, sans se replier sur elle-même; d'ailleurs, il y a une grande perte de temps à vouloir enlever le bois qui adhère après l'écusson, on risque souvent d'offenser l'écorce; et d'un autre côté si le bois se détache trop facilement, on court le risque d'enlever le germe de l'oeil avec le bois, tandis qu'en ne laissant que très peu de bois en levant l'écusson, nous opérons beaucoup plus promptement et avec plus de certitude de succès1.

On aura le soin avant l'hiver de retirer la laine qui assujettit les écussons; la laine possède la propriété d'attirer et de fixer le givre, qui pourrait, à l'époque des grands froids, endommager les écussons. Au printemps, lorsque les yeux des greffes commencent à se gonfler, on doit s'empresser d'étêter le sauvageon le plus près possible des écussons, et de recouvrir promptement la plaie avec de la poix à greffer très chaude; cette poix en cautérisant et en recouvrant la plaie, semble avoir la propriété d'attirer la sève, il s'y forme une multitude de petits mamelons, et l'on n'aperçoit pas sous cette poix la plus petite parcelle de mortalité, chose étrange dans le rosier, dont toutes les extrémités des branches taillées meurent jusqu'à 8 ou 9 millim. au-dessous de la taille2.

Nous recommandons d'étêter le sauvageon de très bonne heure, parce que si les yeux des écussons étaient déjà poussés, on éprouverait beaucoup de difficultés à faire cette opération, on courrait le risque d'offenser les bourgeons de l'écusson. Aussitôt que les sauvageons seront rabattus, on fixera sur chaque tige une petite baguette attachée par trois liens d'osier, afin d'y assujettir les greffes que les vents pourraient décoller ou même leur propre poids; ces bourgeons ne seront jamais pinces, on les laissera croître de toute leur longueur; il suffira seulement de les arrêter vers la fin de la saison afin de faire refluer la sève sur les yeux du bas de ces rameaux; ce sont ces yeux qui doivent former la tête du rosier au printemps suivant; c'est pour cette raison qu'il faut les laisser se former pendant toute la saison, ainsi que le rameau qui sera taillé très court au printemps.

Malgré les améliorations que nous avons opérées dans la greffe en écusson, ce mode de greffe aura toujours de graves inconvénients, lorsqu'il sera employé pour propager des es­pèces contenant peu d'aubier, tel que le rosier, la vigne, etc., parce qu'il est un obstacle au recouvrement de la plaie du sujet. Ce mode ne convient qu'aux espèces pourvues de beaucoup d'aubier, tels que le poirier, le pêcher, le cerisier, etc. Dans ces espèces l'empattement d'un seul écusson est toujours assez considérable pour surmonter la plaie et la recouvrir; mais dans le rosier l'empattement de deux écussons, quoique placés sur le même plan, est presque toujours insuffisant. C'est d'après ces faits que nous considérons la greffe en fente, comme beaucoup plus propice pour le rosier, ainsi que pour tous les arbres et arbrisseaux qui ont peu d'aubier. Il est à propos de remarquer que l’oeil de l'écusson a le désavantage d'être nécessairement placé au-dessous de la plaie du sujet, tandis que l'oeil de la greffe en fente domine la plaie et peut par conséquent la recouvrir plus facilement et plus promptement, surtout si on a l'attention de placer l'oeil de la greffe au niveau de l'aire de la coupe do sujet, et plutôt un peu au-dessus que dans la fente.

Si on adopte la greffe en fente pour le rosier, on doit savoir qu'il est d'une nécessité absolue pour le succès de l'opération de placer deux greffes sur chaque sujet, et si l'une vient à ne pas réussir, ta fente de ce côté reste vide et la cicatrisation ne peut jamais s'effectuer; il en résulte que l'une des deux greffes qui a réussi perd peu à peu de la vigueur, languit, et périt après quelques années.

C'est pour obvier à ce grave inconvénient que les cultivateurs ont imaginé de greffer le rosier en demi-fente; mais cette greffe a aussi ses conditions de succès comme les autres, et c'est parce que ces conditions ont été méconnues que cette sorte de greffe, après avoir été quelque temps en grande faveur, a fini par être abandonnée, parce qu'on s'est aperçu, sans en connaître la cause, que la mortalité se déclarait toujours dans la partie du sujet opposée à la greffe, et que les églantiers ainsi greffés ne vivaient que 3 ou 4 ans, et mouraient d'autant plus promptement que la greffe poussait d'abord plus vivement.

Après nous être rendu compte des causes de cette mortalité, il nous a été très facile de les éluder; aussi, les greffes en demi-fente que nous avons faites depuis recouvrent-elles parfaitement la plaie faite au sujet, et continuent-elles de végéter avec vigueur. Il devient nécessaire, avant de faire connaître les causes de mortalité de la greffe en demi-fente, d'expliquer comment cette greffe se pratique ordinairement. On étête le sujet comme pour le greffer en fente; ensuite, on applique le talon de la lame du greffoir sur un point de l'angle de ta coupe horizontale du sujet, la pointe maintenue dans une direction presque verticale et dirigée vers le centre; on tire à soi la lame vers le bas, de manière à entamer l'écorce et à enfoncer la lame dans le bois de plus en plus à mesure qu'elle descend, en passant par le centre ou la moelle du sujet; lorsque la pointe est arrivée au bas de la fente, on retire la lame pour la faire entrer on peu plus haut.dans le sujet, et on l'appuie légèrement à droite et à gauche, afin de séparer les deux côtés de la fente. Dans cette opération, la main gauche doit contenir le sujet, et diriger la lame pour l'enfoncer avec ne pas fendre entièrement le sujet des deux côtés. Cette opération est beaucoup plus simple et plus facile à pratiquer qu'à décrire. Lorsque le sujet est fendu d'un côté seulement, on introduit la greffe, en tenant avec la pointe du greffoir la fente ouverte autant qu'il est nécessaire pour introduire la greffe, qui ne doit avoir qu'un seul oeil placé comme nous l'avons indiqué pour la greffe en fente; puis on ligature, et l'on couvre toutes les plaies de poix à greffer, sans oublier l'extrémité du petit rameau de la greffe. Les choses étant ainsi, lorsque la greffe entre en végétation, la partie du rameau seulement qui est dans la fente grossit plus ou moins, ce qui produit un effort sur les deux côtés de la fente, le point de résistance à cet effort se trouve être diamétralement opposé à la greffe; plus celle-ci prend de vigueur et d'extension, plus les fibres qui lui sont opposées sur le sujet se trouvent comprimées et serrées les unes contre les autres, à tel point que la sève ne peut plus y circuler; alors cette partie du sujet se dessèche, la mortalité fait de rapides progrès, elle s'étend derrière la greffe, qui souffre, languit et périt plus ou moins promptement. Telles sont les causes qui ont fait abandonner inconsidérément la greffe en demi-fente.

Nous avons obvié à cet inconvénient en ne pratiquant de demi-fente qu'à l'opposé d'un oeil ou d'un petit bourgeon que l'on pince à mesure qu'il se développe, et que l'on traite ainsi pendant 2 ou 3 ans, afin d'attirer la vie ou la sève, dans cette partie du sujet, jusqu'à ce que l'empattement de la greffe sois, devenu assez considérable pour suffire seul à la circulation générale de la sève dans tout le pourtour du sujet.

La petite portion du-rameau qui surmonte l'oeil de la greffe, ne prenant jamais de nourriture, reste toujours aussi mince et finit par se dessécher; cette petite portion de bois se trouverait enveloppée par l'empattement de la greffe; mais il est mieux de la supprimer la seconde année, en se servant du sécateur, afin de ne rien ébranler.

Nous ligaturons toujours les greffes faites sur des sujets qui ont peu d'aubier, pour maintenir les côtés de la fente toujours rapprochés de la greffe et favoriser sa soudure avec le sujet.

Nous ne laissons qu'un seul oeil sur le rameau de la greffe, afin que son empattement sur le sujet soit beaucoup plus considérable que si on en laissait plusieurs; dans ce cas, l'oeil le plus élevé prendrait plus de sève que les autres. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de remarquer que, lorsqu'on laisse deux yeux sur le rameau de la greffe du rosier, et que ces yeux sont séparés par un long mérithalle, celui du haut produit un bourgeon, non-seulement au-delà de toute proportion avec celui qui est près de la fente, mais encore avec le mérithalle qui les sépare, lequel reste très mince; tandis que la tête du rosier devient tellement forte qu'il il arrive une époque où il ne peut plus la soutenir. On a lieu d'être surpris que toute la quantité de sève, qui semble nécessaire à l'alimentation d'une tête d'un tel volume, puisse passer par des fibres aussi rétrécies, et aussi peu nombreuses que doit en contenir ce long mérithalle. Ce fait est de nature à fixer l'attention des cultivateurs.

Nous ne devons pas laisser ignorer à nos lecteurs que les améliorations que nous venons de signaler, concernant la greffe du rosier, sont sanctionnées par plus de dix années de succès constants.


Rough translation with the help of Babelfish and iGoogle

GRAFT OF THE ROSE TREE ON EGLANTINE.

Count LELIEUR, of City-on-Arce,
Former general intendant of the gardens of the crown.

The majority of the gardeners will be believed exempted to read this article, thinking that they know all too perfectly that has report/ratio with the Clerc's Office; they should however know that a farmer, some skilful that it is, can only gain new lights by examining with attention the processes of those which are dedicated to a special culture.

The rose tree is usually grafted on eglantine in two manners: in escutcheon, or slit. The shield-graft is practised in pushing eye, or dormant eye; we prefer the graft in eye sleeping like more favorable establishing rose trees on strong foundations and vigorous; indeed, the branch which leaves the dormant eye has all the season to grow, extend, grow bigger and be consolidated; one can thus hope that its productions will join together all the specific advantages to its species. The bud which leaves the escutcheon in pushing eye has only part of the season to vegetate, and the branch which comes from it is all the more weak as it leaves itself a hardly formed eye; as there is hardly as the nursery gardeners who bud in pushing eye, with an aim of disencumbering their ground more promptly, and of carrying out in only one year the benefit which they should make only the second or the third year. This is why they graft in at once pushing eye that the young branches, on which they must take the escutcheons, acquired a little consistency.

We graft dormant buds in the month of August, earlier or later depending on the more or less advanced state in temperature, and also depending on the nature of land more or less favorable to the extension of traffic sap; some varieties of subjects, such as the eglantine with fragrant petals, must be grafted earlier than the others; in a word, the subject must have passed the ardour of the sap, but it must still have enough of it so that the barks are detached easily when they are raised. As for the branches from which one lifts the buds, it is by no means necessary that they are in sap at the time when one makes use of them.

It is supposed that the subjects were planted before the winter or in spring, which would be preferable; but then they must have spent all the winter heeled in, in compost with a hot exposure; these subjects had to be equipped before being put out of gauge; one had to soak the roots in a mixture of cow dung and loam. When in spring one withdraws the eglantines from the heeling-in, to plant them, one still soaks their roots in the same mixture, so that the small white roots or the incipient spongioles which appear on the large roots are not destroyed by air or the tan; it is as for this reason as, to make the plantation, one chooses a soft time and cover. When the eglantines push, we remove all the buds which appear on the stem, below the place where we want to bud; we let develop in all their extent, without cutting down them, only the buds placed above. It is conceived that a tree lately planted, to which one lets push many branches, must also push much roots; a eglantine, thus treated, will be necessarily very abundant in sap, and will contain all the elements of a great strength.

(1) The only case where one could bud in pushing eye would be that where one would like to weaken a species whose strength is harmful with a beautiful form and an abundant flowering, such as the rose trees Mons. and Mme. Déprez, the Tea Lamarque, etc

The nursery gardeners, on the contrary, let push with their eglantines, lately planted, only two or three buds which they hasten to bud in pushing eye, at once that these starts-up of the wild stock acquired enough consistency to support the operation. As soon as the escutcheon is welded with the bud, they hasten to shorten it, in order to make develop the eye of the escutcheon, they grip even this eye all at once that it acquired a length of 0m, 04 with 0m, 05, in order to form an anticipated head already, with the ramifications. It is obvious that a eglantine thus treated can, neither to produce a vigorous head, nor to furnish itself with roots, and that any means of prosperity is to him forever interdit1; also the rose trees thus raised have only one very short duration, especially those which belong to delicate varieties.

We said that we always bud on the body of the tree; we will add that we place two escutcheons, opposite one with the other, for little that the eglantine is size of the little finger. The same wool is used to bind the two escutcheons. We cucillons the branches to bud 36 or 48 hours before being useful to us about it; after having cut off all the sheets from these branches, which should preserve only very short stalks, one deposits them in a fresh and obscure place, from where one withdraws them only a few hours before making use of it; one then soaks them by butt end in a vase whose bottom contains water; the gardener carries this vase with him in the seedbed.

After having chosen, on the stem of the eglantine, a linked place, one practises there two incisions in form of a T, then one raises slightly, with the blade of grafting knife, the edges of the bark; one detaches the eye on the branch, while starting by supporting the heel of the blade with 15 or 20 millimetres above the eye; then one crosses while mowing, up to 9 millimetres below the eye, so as to finish his separation of the branch with the point of the blade, and to remove with the bark only one very small very thin wood portion. This operation must be slightly made, of only one time, without beginning again itself, if it is possible.

One insinuates this eye between sapwood and the bark of the subject, by raising the bark with the spatula of greffoir, of bottom in top, a side initially, then other. When the eye of the escutcheon is being descended in the incision with 9 or 10 millim. below the transverse incision, one crosses exceeding it of the escutcheon, just opposite this incision, by transversely pressing the edge of the blade on this incision; then one presses with the inch on the eye, in order to stick it on the subject. A second escutcheon places same manner, contrary to the first; one proceeds then to the binding of the two escutcheons at the same time, with same wool, having care to start to bind by the top and to tighten only as one arrives towards the eye, and that one goes down below.

One should not lose sight of the fact that it is by the falling sap that the eye sticks to the subject; for this reason we initially make coincide the transverse barks of the subject with those of the escutcheon, and that we tighten very little this part, so that the falling sap arrives there easily. Later one withdraws this eye from the action of this same falling sap, in order to determine it to enter in vegetation.

After having gathered the branches, we wait for us to be useful about it until they lost their sap; because the experiment taught us that the escutcheons thus raised on such branches stuck more readily on a subject filled of sap.

(1) For better doing to appreciate how much it is advantageous to detach the escutcheon of the branch so as not to be then obliged to withdraw the wood little which residence adheres there, we will bring back following fact: eight branches of roses wrapped in a sheet of paper were just forgotten at the station in Bellevue, where they remained three days exposed to the sun (August 1842); it is only the fourth day that one was used for oneself about it to bud, rather with an aim of making experiment that in the hope to benefit from it. Also one took for subject of the already grafted eglantines; escutcheons were placed over the top and the latest patches and placed eight in number, all have survived. It is certain that if one had believed oneself obliged, for the success of the operation, to withdraw the wood of these escutcheons, it had been impossible to make use of very invaluable branches successfully that Mr. Lafaye had agreed to entrust to me; it is thus with reason which we say that there is safety, celerity and time-savings to be acted about it thus.
(2) The nursery gardeners fold back the subjects with 12 or 15 lines above the escutcheons, in fear that the mortality caused by the size does not gain also promptly below the eye of the graft, does not starve it, and does not make it perish; they also make use of the stump exceeding the escutcheon to attach the growths and to preserve them to it to be taken off. We had recommended formerly, in a treaty on the culture of the rose tree, to act about it thus; but we then did not know the property which has pitch to graft to preserve the life until the ends of the shortened parts which are covered with it.

If we do not withdraw the wood little which remains attached to the escutcheon before introducing it into the subject, it is that we admitted for a long time, that this wood, far from being harmful, became often very useful to give consistency, with a bark sometimes too thin to be able to slip between the bark and the wood of the subject, without folding up itself on itself; moreover, there is a great waste of time in removing the wood which adheres beneath the escutcheon, one is often likely to offend the bark; and on another side if wood is detached too easily, one runs the risk to remove the germ of the eye with wood, while by leaving only very little wood while raising the escutcheon, we operate much more promptly and with more certainty of success1.

There will be the care before the winter to withdraw the wool which fixes the escutcheons; the wool has the property to attract and fix the white frost, which could, at the time them great colds, to damage the escutcheons. At spring, when the eyes of the grafts start to inflate, one must hasten to top the wild stock as close as possible to the escutcheons, and to promptly cover the wound with pitch to be grafted very hot; this pitch while cauterizing and by recovering the wound, seems to have the property to attract the sap, it forms a multitude of small hills, and people can not see under this pitch the slightest death, something strange in the rose, of which all the ends of the cut branches die up to 8 or 9 millim. below the cut2.

We recommend topping the wild stock of very early, because if the eyes of the escutcheons were already pushed, one would experience many difficulties in making this operation, one would run the risk of offendng the buds of the escutcheon. At once that the wild stocks will be folded back, one will fix on each stem a small rod attached by three bonds of wicker, in order to fix there the grafts which the winds could take off or even their own weight; these buds will be never grips, one will let them grow all their length; it will only be enough to stop them towards the end of the season in order to make ebb the sap on the eyes of bottom to these branches; these are the eyes which must form the head of the rose tree next spring; for this reason it is necessary to let them be formed during all the season, as well as the branch which will be cut very runs in spring.

In spite of the improvements which we operated in the shield-graft, this mode of graft will always have serious disadvantages, when it is employed to propagate species containing little sapwood, such as the rose tree, the vine, etc., because it is an obstacle with the covering of the wound of the subject. This mode is not appropriate that with the species equipped with much sapwood, such as the pear tree, the peach tree, the cherry tree, etc. In these species the footing of only one escutcheon is always large enough to surmount the wound and to cover it; but in the rose tree the footing of two escutcheons, though placed on the same plan, is almost always insufficient. It is according to these facts that we consider the graft in slit, like much more favourable for the rose tree, like all the trees and shrubs which have little sapwood. It is in connection with noticing that the eye of the escutcheon has the disadvantage to be necessarily placed below the wound of the subject, while the eye of the graft in slit dominates the wound and can consequently cover it more easily and more promptly, especially if one has the attention of the eye to place the graft at the cutting area do matter, and quite a bit above that in the slot.

If one adopts the graft in slit for the rose tree, one must know that it is of a peremptory necessity for the success of the operation to place two grafts on each subject, and if one has not suddenly succeeded, your slit on this side remains empty and the cicatrization can never be carried out; it results from it that one of the two grafts which succeeded loses little by little strength, languishes, and perishes after a few years.

It is to obviate this serious disadvantage that the farmers imagined to graft the rose tree in half-slit; but this graft has also its conditions of success like the others, and it is because these conditions were ignored that this kind of graft, after having been some time in great favour, ended up being abandoned, because one realized, without knowing the cause of it, that mortality was always declared in the part of the subject opposed to the graft, and that the eglantines thus grafted lived only 3 or 4 years, and died all the more promptly as the graft pushed initially more highly.

After us to be given an account of the causes of this mortality, it was very easy to us to elude them; also, the grafts in half-slit which we have make since recover they perfectly the wound made on the subject, and continue they to vegetate with strength. It becomes necessary, before making known the causes of mortality of the graft in half-slit, to explain how this graft is usually practised. One étête the subject like grafting it in slit; then, one applies the heel of the blade of greffoir to a point of the angle of your horizontal cut of the subject, the point maintained in a direction almost vertical and directed towards the center; one draws with oneself the blade downwards, so as to start the bark and to insert the blade in wood more and more as it goes down, while passing by the center or the marrow of the subject; when the point arrived at the bottom of the slit, one withdraws the blade to make it enter one little more haut.dans the subject, and one supports it slightly on the right and on the left, in order to separate the two sides from the slit. In this operation, the left hand must contain the subject, and direct the blade to insert it with entirely not splitting the subject on the two sides. This operation is much simpler and easier to practise than to describe. When the subject is split on a side only, one introduces the graft, by holding with the point of greffoir the open slit as much as it is necessary to introduce the graft, which should not have that only one eye placed as we indicated for the graft in slit; then one binding, and one covers all the pitch wounds to be grafted, without forgetting the end of the small branch of the graft. The things being thus, when the graft enters in vegetation, the part of the branch only which is in the slit grows bigger more or less, which produces an effort on the two sides of the slit, the point of resistance to this effort is being diametrically opposite with the graft; more this one takes strength and of extension, more the fibres which are opposite for him on the subject find compressed and tight the ones against the others, so much so that the sap cannot circulate there any more; then this part of the subject is desiccated, the mortality made of rapids progress, it extends behind the graft, which suffers, languishes and perishes more or less promptly. Such are the causes which made give up the graft in half-slit inconsiderately.

We obviated this disadvantage in practitioner of half-slit only contrary to one eye or a small bud which one grips as it develops, and that one treats thus during 2 or 3 years, in order to attract the life or the sap, in this part of the subject, until the footing of the graft would be, become enough considerable to only be enough with general circulation to the sap in all the circumference to the subject.

The small portion of-branch which surmounts the eye of the graft, never not taking food, remains always also mean and ends up being desiccated; this small wood portion would be wrapped by the footing of the graft; but it is better to remove it the second year, while making use of the shears, in order to nothing shake.

We always bind the grafts made on subjects which have little sapwood, to maintain the sides of the slit always close to the graft and to support its welding with the subject.

We leave one eye on the branch of the graft, so that its footing on the subject is much more considerable than if one left several of them; in this case, the highest eye would take more sap than the others. We on several times the occasion to notice that, when one leaves two eyes on the branch of the graft of the rose tree, and that these eyes are separated by a length internode, that of the high product a bud, non-seulement beyond any proportion with that which is close to the slit, but still with the internode which separates them, which remains very thin; while the head of the rose tree becomes so strong that it arrives one time when it cannot any more support it. One takes place to be surprised that all the quantity of sap, which seems necessary to the food of a head of such a volume, can pass by also narrowed fibres, and as very few as must contain this length internode of it. This fact is likely to fix the attention of the farmers.

We should not let be unaware of with our readers only the improvements which we have just announced, concerning the graft of the rose tree, are sanctioned by more than ten years of constant successes.