Bull. Bot. Soc. Roy. Belg., xxv., pt. ii., 189-192 (1886)

4. — Rosa Wichnraiana Crép.
(Syn.: R. Luciae Franch. et Rochebr. pro parte, R. sempervircns S. et Z. loc. cit.!)

Inflorescence pyramidale, ord. assez pauciflore, rarement très multiflore, à 1-5 feuilles 7-5-3-1-foliolées, à bractées primaires lancéolées, foliacées au sommet, assez profondément denticulëes, persistant assez longtemps; pédicelles à articulation non basilaire, à bractéoles lancéolées, denticulëes, non promptement caduques; boutons assez courts, ovoïdes-arrondis, brusquement atténués en pointe courte; sépales ovales, brusquement atténués en pointe courte, les extérieurs à 1-2 appendices latéraux apparents; corolle assez grande; colonne stylique allongée, assez épaisse, pubescente; feuilles moyennes des ramuscules florifères et feuilles de la partie moyenne des tiges ord. 9-foliolées; folioles ord brièvement et largement obovales ou suborbiculaires, ord. obtuses au sommet, glabres, à dents larges; stipules adnées, ord. assez profondément dentées, à dents moins longues que le diamètre du limbe; aiguillons souvent épars, plus rarement géminés; tiges couchées sur la terre.
Hab.
— Japon et Chine.
Pyramidal inflorescence, ord. quite pauciflorous, rarely very multiflora, with 1-5 leaves, 7-5-3-1-foliolate, with primary bracts lanceolate, leafy at the top, quite deeply denticulate, persistent for quite a long time; pedicels with a non-basilar articulation, with lanceolate, denticulate bracteoles, not promptly deciduous; buttons rather short, ovoid-rounded, abruptly attenuated in a short point; sepals ovate, abruptly attenuated to a short point, the exteriors with 1-2 apparent lateral appendages; fairly large corolla; stylistic column elongated, rather thick, pubescent; middle leaves of flowering branches and leaves of middle part of stems ord. 9-foliolate; short and broadly obovate or suborbicular ord leaflets, ord. obtuse at the top, glabrous, broad-toothed; adnea stipules, ord. fairly deeply toothed, teeth less long than the diameter of the blade; spines often scattered, more rarely twins; stems lying on the ground.
Hab.
— Japon et Chine.
Obs. — Le caractère tiré de la direction des tiges semble, à lui seul, dénoter que le R. Wichuraiana est spécifiquement distinct des R. Luciae et R. multiflora. M. Zabel, auquel je dois de si précieux renseignements sur la riche collection de Roses qu'il cultive dans les jardins de l'Académie forestière de Münden, m'a appris que des pieds de R. Wichuraiana avaient déjà produit des tiges couchées sur le sol sur une longueur de 5 mètres. Je pourrai m'assurer par moi même, l'an prochain, si ce singulier caraclère se représentera au Jardin botanique de Bruxelles, où j'ai récemment planté le R. Wichuraiana. Sur un échantillon de l'herbier de M. Franchet, j'ai constaté la présence de racines sur un rameau florifère. Obs. — The character derived from the direction of the stems alone seems to indicate that R. Wichuraiana is specifically distinct from R. Luciae and R. multiflora. M. Zabel, to whom I owe such valuable information on the rich collection of Roses which he cultivates in the gardens of the Forestry Academy in Münden, informed me that R. Wichuraiana's plants had already produced stems lying on the ground over a length of 5 meters. I will be able to make sure for myself, next year, if this singular character will show up at the Botanical Garden in Brussels, where I recently planted R. Wichuraiana. On a sample from M. Franchet's herbarium, I noticed the presence of roots on a flowering branch.
Le R. arvensis peut présenter des tiges décombantes et même plus ou moins rampantes; la même chose se produit également dans le R. sempervirens var. prostrata et aussi dans le R. Luciae, si je m'en rapporte à une indication de M. le docteur Savatier, mais cette direction est exceptionnelle dans ces espèces, tandis que dans le R. Wichuraiana, la direction couchée de la tige paraît constante. R. arvensis may have decumbent and even more or less creeping stems; the same also occurs in R. sempervirens var. prostrata and also in R. Luciae, if I refer to an indication of M. Doctor Savatier, but this direction is exceptional in these species, while in R. Wichuraiana, the lying direction of the stem seems constant.
Au caractère de la direction des tiges, viennent se joindre d'assez nombreuses différences qui, à mon avis, suffisent amplement pour maintenir le R. Wichuraiana au rang d'espèce. In addition to the character of the direction of the stems, there are quite a few differences which, in my opinion, are more than enough to maintain R. Wichuraiana as a species.
Ses feuilles paraissent être en général im peu plus épaisses que celles du R. Luciae; elles sont remarquablement luisantes sur le vif; elles sont toujours glabres, souvent 9-folioIées à la partie moyenne des ramuscules florifères et toujours 9-foliolées sur les tiges. La forme des folioles est sujette à varier, mais celles-ci sont d'ordinaire relativement plus larges, plus courtes et plus obtuses que celles du R. Luciae. Les stipules et les bractées sont plus larges et plus profondément incisées; les bractées, qui sont ordinairement foliacées au sommet, ne sont point promplement caduques, persistent pendant la floraison, ainsi que les bractéoles qui sont moins petites et nullement basilaires. Assez souvent, les bractées sont incurvées au sommet, ce qui n'existe pas dans le R. Luciae, Les boutons sont plus gros et la corolle notablement plus grande que dans les R. multiflora et R. Luciae, à pétales plus épais: ceux-ci sont d'un blanc de lait très pur. Les réceptacles fructifères sont ordinairement une fois plus gros que ceux du R. multiflora, et sensiblement plus gros que ceux du R. Luciae. Ajoutons que, dans les inflorescences assez multiflores, les feuilles sont plus nombreuses que dans les R. Luciae et R. multiflora et vont en se dégradant insensiblement en bractées foliacées. Its leaves appear to be in general a little thicker than those of R. Luciae; they are remarkably shiny on the spot; they are always glabrous, often 9-leafed in the middle part of the flowering branches and always 9-leafed on the stems. The shape of the leaflets is subject to variation, but they are usually relatively wider, shorter and more obtuse than those of R. Luciae. The stipules and bracts are wider and more deeply incised; the bracts, which are usually leafy at the top, are not prominently deciduous, persist during flowering, as well as the bracteoles, which are less small and not at all basal. Quite often, the bracts are curved at the top, which does not exist in R. Luciae, The buds are larger and the corolla noticeably larger than in R. multiflora and R. Luciae, with thicker petals: these are very pure milk white. The fruiting receptacles are usually once larger than those of R. multiflora, and noticeably larger than those of R. Luciae. Let us add that in fairly multiflorous inflorescences the leaves are more numerous than in R. Luciae and R. multiflora and gradually degrade into foliaceous bracts.
Dans les R. Wichuraiana et R. Luciae, les pédicelles et les réceptacles florifères sont toujours, à ma connaissance du moins, glabres et très rarement glanduleux, tandis que dans le R. multiflora, ils sont souvent pubescents et assez souvent glanduleux. In R. Wichuraiana and R. Luciae the pedicels and flowering receptacles are always, to my knowledge at least, glabrous and very rarely glandular, while in R. multiflora they are often pubescent and quite often glandular.
Quant aux aiguillons des R. Wichuraiana et R. Luciae, je n'ose me prononcer d'une façon catégorique sur leur mode d'arrangement. Sur les ramuscuies florifères, ils sont souvent épars et rarement géminés. Peut-être découvrira-t-on, sur de plus riches matériaux que ceux que j'ai eu à ma disposition, qu'ils tendent à devenir géminés comme dans le R. multiflora, toutefois sans l'être aussi régulièrement. As to the spines of R. Wichuraiana and R. Luciae, I dare not pronounce categorically on their mode of arrangement. On flowering branches they are often scattered and seldom twins. Perhaps it will be found, on richer materials than those which I have had at my disposal, that they tend to become twin as in R. multiflora, however without being so regularly.
Le R. Wichuraiana tel que je l'entends, comprend les variétés β. fimbriata, γ. poteriifolia, δ, adenophora (pro parte), ε. crataegicarpa et ζ. yokoscensis du R. Luciae de M. Franchet. R. Wichuraiana as I understand it, includes varieties β. fimbriata, γ. poteriifolia, δ, adenophora (pro parte), ε. crataegicarpa and ζ. yokoscensis of R. Luciae of M. Franchet.
Il est bon que je signale que M. Zabel avait reçu, sous le nom de R. bracteata, le R. Wichuraiana qu'il cultive à Münden. It is good that I point out that Mr. Zabel had received, under the name of R. bracteata, the R. Wichuraiana which he cultivates in Münden.
C'est ici la place de faire de nouveau allusion à la Rose décrite par M. Regel sous le nom de R. Maximowicziana. Dans mes Primitiae, pages 528-530, j'ai assez longuement parlé de cette singulière forme que j'étais porté à considérer comme une variété du R. multiflora. Aujourd'hui, avec la connaissance que nous avons des caractères des Synstylae, cette dernière opinion n'est plus admissible: le R. Maximowicziana ne peut être une variété du R. multiflora; c'est plutôt avec le R. Wichuraiana qu'il faut lui chercher de l'affinité. Avant tout, il faudrait rechercher si c'est bien une espèce légitime, ou si ce n'est pas plutôt un produit hybride. Je ne suis pas éloigné de penser que l'hybridation n'est pas restée étrangère à sa production, mais je me réserve de discuter celte question dans un travail ultérieur. This is the place to allude again to the Rose described by M. Regel under the name of R. Maximowicziana. In my Primitiae, pages 528-530, I spoke at length about this singular form which I was inclined to consider as a variety of R. multiflora. Today, with the knowledge we have of the characters of Synstylae, this last opinion is no longer admissible: R. Maximowicziana cannot be a variety of R. multiflora; it is rather with R. Wichuraiana that it is necessary to seek affinity. First of all, it would be necessary to find out whether it is indeed a legitimate species, or if it is not rather a hybrid product. I am not far from thinking that hybridization has not remained foreign to its production, but I reserve the right to discuss this question in a later work.