Rosa Godefroyae Carr. [Possibly a seedling of R. pissardi.]

Revue Horticole (1 Jun 1886) Page(s) 261-2.

Obtenue, en 1881, par M. Godefroy-Lebeuf, horticulteur à Argenteuil, de graines envoyées de Téhéran par M. Pissard, alors qu'il était jardinier en chef chez le Shah de Perse, cette espèce présente les caractères suivants:

Arbuste de bonne vigueur moyenne, excessivement floribond, à rameaux dressés, effilés, plutôt minces que gros, à écorce glabre, rougeâtre, luisante, non glauque; aiguillons rares, petits, élargis à la base, légèrement arqués-aigus, d'abord rouillés, bientôt jaune roux. Feuilles glabres de toutes parts, très-longtemps persistantes bien que caduques, à 5-7 folioles longuement et étroitement ovales, finement et régulièrement dentées, d'un vert foncé, luisantes. Inflorescences dressées rappelant assez celles du Rosier Bengale ordinaire, à pédicelles ténus, grêles, rougeâtres. Boutons allongés, effilés, très-élégamment enveloppés avant l'épanouissement par les pièces calycinales qui, alors, se contournent au sommet du bouton qu'elles dépassent et couronnent, d'une belle couleur rose chair lors de l'anthèse. Fleurs grandes, bien ouvertes, d'un blanc pur, à pétales nombreux; les externes, largement obovales, légèrement échancrés au milieu, portent au centre un court mucron obtus. Étamines à filets inégaux, blancs un peu soufrés; anthères d'un beau jaune d'or, petites.

Le Rosa Godefroyae forme un buisson dressé, compact, glabre dans toutes ses parties, très-franchement remontant. Il se prête facilement au forçage et est même d'autant plus propre à cet usage que ses boutons nombreux et gracieusement allongés, d'un beau rose doux, carné pâle, sont effilés et d'un aspect très-élégant; aussi sont-ils particulièrement propres à la confection des bouquets. Ce Rosier n'est pas moins avantageux pour la pleine terre, où il fleurit continuellement depuis le commencement de l'été jusqu'à l'arrivée des grands froids.

(1) Voir Revue horticole, 1880, p. 314.

Jusqu'ici ce Rosier avait été considéré par son obtenteur, M. Godefroy-Lebeuf, comme étant le Rosa Pissardi (1), ce qui n'est pas, tant s'en faut. Ce dernier, que nous possédons bien franc et provenant de boutures du pied-type de Perse, qui nous avaient été envoyées de Téhéran par M. Pissard, est très-différent du Rosa Godefroyae, avec lequel il n'a pour ainsi dire rien de commun. En effet, tandis que dans le Rosa Pissardi les fleurs sont à 5 pétales, par conséquent tout à fait simples, les pétales sont multiples chez le Rosa Godefroyae.

Quant aux plantes et à leur végétation, elles sont complètement différentes. Le Rosa Pissardi, d'une extrême vigueur, constitue d'énormes buissons très-épineux, à ramifications nombreuses, arquées; les folioles sont courtement ovales-arrondies; l'écorce est d'un glauque blanchâtre.

Ajoutons encore que le Rosa Pissardi ne remonte pas, qu'il fleurit relativement peu et que ses boutons, lorsqu'ils commencent à s'épanouir, sont blanc soufré, tandis qu'ils sont roux dans le Rosa Godefroyae, qui présente encore cette différence d'être presque toujours vert, ce qui est le contraire du Rosa Pissardi, qui, lui, a les feuilles très-caduques.

Nous avons dédié cette espèce à M. Godefroy-Lebeuf, horticulteur à Argenteuil, chez qui on pourra se la procurer.—E.-A. Carrière.


The Garden (Sept 2, 1916) Despite the name given below, this is not Rosa pissardi.

A LITTLE-KNOWN SINGLE ROSEóROSA PISARTI. A beautiful and comparatively recent addition to the list of the lovely single Roses is the above-named kind. It has slender and very spiny branches, which have a tendency to droop. The flowers, which are pure white, are sweetly scented, and produced in profusion in the manner represented in the accompanying engraving; so plentifully, indeed, are they borne that they are said to give the bushes, when in full flower, the appearance of masses of snow. Like the beautiful R. Brunoniana, rugosa, and a few others, it will make a capital object for planting singly on a lawn, a position in which its beauty would be shown off to the best advantage. It is said to flower not only abundantly, but continuously, for several months. This species was named in compliment to M. Pisart, gardener to the Shah of Persia, at Teheran, to the gardens of which it has been introduced from Guiland, a locality near to the Caspian Sea. It is said to be extremely hardy, therefore its extended culture in our midst is greatly to be desired.