Les Roses vol. 3. t. 154. (1835)
Redouté

ROSA INDICA1

ROSIER DES INDES

DESCRIPTION

1 Dans cet ouvrage, l'auteur du texte se propose de comprendre sous la dénomination de rosiers des Indes toutes les espèces et variétés dites du Bengale ou de la Chine, dont on cultive aujourd'hui un assez grand nombre en France et en Angleterre. Ainsi, le semperflorens, le chinensis, le longifolia, l'indica, le bengalensis, enfin le diversifolia de VENTENAT, de PERSOON, de WILLDENOW et autres, seront placés dans la série des rosiers des Indes. La nécessité de cette réunion sera sans doute approuvée par les amateurs, qui n'ignorent pas que ces rosiers, depuis leur introduction en Europe, ont subi des modifications qu'on pourrait comparer à celles qu'ont éprouvées et qu'éprouveront sûrement encore les rosiers des Alpes, comme ceux qui croissent naturellement dans nos forêts. Ou sait que sous le rapport des différentes figures qu'affectent les ovaires, de la présence ou de l'absence des aiguillons, de la disposition des fleurs, tantôt solitaires, tantôt en panicule, ou d'autres accidens tellement variables, que si l'on devait s'y arrêter, il faudrait constituer en espèces distinctes presque tous les individus nés du rosier des Indes.

Le groupe de ces rosiers se composera donc de toutes les variétés originaires de ces contrées, quels que soient ou la figure des calices et des feuilles, ou la disposition, la couleur et le volume des fleurs. On les reconnaîtra facilement,

1°. An don qu'ils ont très communément reçu de produire des fleurs presque sans interruption, depuis le commencement du printemps jusqu'aux gelées;
2°. A leurs folioles inférieures, qui sont presque toujours plus petites que les autres (POIRET), et l'impaire généralement beaucoup plus grande;
3°. Et enfin à leurs étamines longues, filiformes, comme contournées après l'épanouissement, et se renversant sur les styles, qui sont capillaires et tortueux.

LE rosier dont nous offrons la figure est bien celui que LINNÉ a décrit sous le nom de rosa Indica. Dans notre climat, il forme des buissons de deux pieds de haut. Les rameaux sont presque toujours dépourvus d'aiguillons. Les feuilles se composent de cinq folioles simplement dentées: les deux inférieures plus petites que les autres, et l'impaire beaucoup plus grande; elles ont en dessous du pétiole quelques petits aiguillons recourbés. Les fleurs, solitaires à l'extrémité des rameaux, sont supportées par des pédoncules glabres et allongés; l'ovaire est lisse et oblong; les lobes du calice sont munis de quelques petites dents aiguës; la corolle a les cinq pétales échancrés en cour, et sa couleur varie depuis le rose le plus tendre jusqu'au pourpre le plus foncé.*

OBSERVATIONS.

Ce rosier assez rare se trouve dans les pépinières de MM. CELS et NOISETTE. On le multiplie de boutures; il demande une terre légère, et l'orangerie dans la saison rigoureuse. On peut le cultiver en pleine terre, mais il faut le couvrir avec soin dans les grands froids.

*...its color varies from the softest pink to the darkest purple. This brief comment is the only indication that this was (is?) a changeable rose that opened pink then deepened to velvety crimson. Prince (1823) misread the name as "diversiflora", but did call it "blush changeable". The changing color and the dimensions suggest that this variety survives as 'Emmie Grey'.


Descriptions des Plantes nouvelles ou peu connues du Jardin de J. M. Cels. Paris, 1800, fol.; ed. Germ., roemer, Zurich, 1802.
E. P. Ventenat

Rosa diversifolia, T. 35

ROSA germinibus ovali-oblongis; caule petiolisque aculeatis; foliis ternatis, pinnatisve, subtùs glaucis.

Arbrisseau croissant naturellement à la Chine, passant pour être originaire du Bengale. Il fleurit presque toute l'année, et il peut passer l'hiver en pleine terre, si on le couvre pendant les grands froids.

RACINE rameuse, garnie de fibres.

TIGES peu nombreuses, droites, cylindriques, munies d'aiguillons, glabres, rameuses, d'un verd gai, hautes de quatre à six décimètres, de la grosseur d'une plume à écrire. RAMEAUX axillaires, alternes, ouverts, de la forme et de la couleur des tiges.

AIGUILLONS dilatés à leur base, crochus, de couleur purpurine; ceux des tiges écartés et longs de huit millimètres, ceux des rameaux plus rapprochés et beaucoup plus courts.

FEUILLES alternes, très-ouvertes, ailées avec impaire ou ternées, pétiolées, munies de stipules, glabres, d'un verd foncé en dessus, de couleur glauque en dessous. FOLIOLES cinq ou trois, horizontales, ovales, aiguës, inégalement dentées en scie, relevées en dessous d'une côte longitudinale et rameuse qui est hérissée de petits aiguillons: les latérales opposées, presque sessiles, longues de quatre à cinq centimètres, et larges de deux à trois; la terminale, ou celle qui est au sommet du pétiole commun, plus grande.

PÉTIOLE COMMUN très-ouvert, convexe d'un côté, profondément sillonné de l'autre, de couleur brune, hérissé de petits aiguillons et de soies roides, surmontées d'une glande arrondie et vésiculeuse. PÉTIOLES PARTIELS de la forme du pétiole commun; ceux des folioles latérales extrêmement courts, celui de la foliole terminale beaucoup plus long.

STIPULES deux, adhérentes dans presque toute leur étendue à chaque côté de la base du pétiole commun, munies sur leurs bords de cils glanduleux et rougeâtres, de la couleur des feuilles, dela moitié de la longueur des folioles.

FLEURS au sommet des tiges et des rameaux, solitaires, droites, pédiculées, d'un pourpre foncé, d'une odeur suave, larges de quatre à cinq centimètres.

PÉDICULES droits, cylindriques, tantôt glabres, tantôt hérissés de soies roides et glanduleuses, de la couleur des rameaux, plus longs que les folioles.

CALICE d'une seule pièce, libre, tubulé, plus court que la fleur. TUBE ovale-oblong, ordinairement glabre, quelquefois hérissé de soies roides et glanduleuses. ORIFICE resserré. LIMBE à cinq divisions réfléchies, rarement en forme de lance et terminées en pointe, plus souvent ovales à chaque extrémité et rétrécies dans leur partie moyenne, toujours munies sur leurs bords de cils glanduleux, glabres en dehors, velues en dedans.

COROLLE insérée à l'orifice du calice, formée de cinq pétales très-ouverts, ovales-arrondis.

ÉTAMINES nombreuses, ayant la même attache que la corolle. FILETS filiformes, droits, blanchâtres, beaucoup plus courts que les pétales. ANTHÊRES arrondies, vacillantes, s'ouvrant sur les sillons latéraux, jaunâtres.

OVAIRES nombreux, recouverts parle calice, ovales , comprimés, très-velus, blanchâtres. STYLES latéraux, capillaires, tortueux, plus courts que les étamines. STIGMATES tubulés, tronqués obliquement à leur sommet, de la couleur des pétales.

FRUIT …..

(1) Rosa semperflorens. Hort. Mus. Parisiens.

Obs. 1. M. Curtis a figuré dans le No. 95 de son Magasin Botanique, une Rose qui paroît être la même que la Rosa diversifolia: mais comme il ne l'a point décrite, et que la figure qu'il en donne représente une fleur semi-double, comme cette fleur n'est d'ailleurs accompagnée d'aucun détail de fructification, je n'ai pas cru devoir le citer en rapportant sa phrase spécifique. J'observerai encore que le nom de semperflorens dont M. Curtis s'est servi pour désigner l'espèce qu'il a publiée, ne sauroit être adopté par les Botanistes, puisqu'il en existe une autre connue depuis long-temps sous ce nom; c'est la Rose de tous les mois (1), qui paroît avoir été confondue par Linnaeus avec la Rosa centifolia, quoiqu'elle en diffère par plusieurs caractères.

2. Le citoyen Cels cultive deux varietes de la Rosa diversifolia; l'une dont les fleurs sont presque doubles, et l'autre dont les petales sont blanchatres.

 

Obs. 1. Mr. Curtis has appeared in No. 95 of the Botanical Magazine,* a Rose, which appears to be the same as Rosa diversifolia: but as he hath not described, and the figure he gives is a semi-double flower as this flower is also accompanied by any details fruiting, I did not think it necessary to quote in relating its specific sentence. I still observe that the name of semperflorens which Mr. Curtis has served to designate the kind he has published, can not be adopted by botanists, since there is another known for a long time under this name, it is the Rose tous les mois (1), which appears to have been confounded by Linnaeus with the Rosa centifolia, although it differs in several characters.

* Bot. Mag. 8: 284 Rosa semperflorens 1794

2. Cels grows two varieties of Rosa diversifolia; one whose flowers are almost double, and one whose petals are whitish.


Exotic Botany: Consisting of Coloured Figures, and Scientific Descriptions, t. 91, 1806
Sir James Edward Smith

ROSA semperflorens.
Ever-blooming, or Dark Chinese Rose.

ICOSANDRIA Polygynia.

The late Mr. Curtis, who first published this rose, celebrates its merits as a hardy greenhouse plant with all that enthusiasm and taste which rendered his botanical character so very interesting. No one ever loved the science better; few have contributed so much to make it popular. His plate represents the semidouble variety, generally known in England, which he informs us was introduced from China by the late Mr. Slater, a liberal and indefatigable cultivator of exotics. Our figure therefore cannot be superfluous, as it exhibits the natural state of the flower, and, besides, displays its parts. It was drawn last August at Messieurs Lee and Kennedy's, who obtained their plant from Paris by the name of R. diversifolia, under which M. Ventenat, uncertain about the synonym of Curtis, has published it in his beautiful uncoloured work above quoted. We believe there can be no question as to the identity of these plants.

This little shrub bears our climate tolerably well in the open ground. We have seen the double kind in bloom amid frost and snow at Christmas. Yet like many of its genus it is uncertain and variable in the vigour of its growth. It must not be kept too wet in the winter.

The stems are slender, zigzag, round, clothed with small hooked prickles. Leaflets 3 or 5 on a prickly stalk, ovate, doubly serrated, smooth on both sides, glaucous beneath, often reddish all over. Flowerstalks terminal, for the most part solitary, round, glandular or prickly, single-flowered. Calyx-leaves reflexed, lanceolate, pointed, undivided, downy, more or less fringed or glandular at the edge. Petals obcordate, of a rich crimson varying in darkness. The double flowers have a faint sweet smell, at least in a warm room, resembling that of the Harebell.

CybeRose note: I think this is not the same as the one above. Vibert (1824) listed two red China roses:

176 Bengale rose, simple, à fleurs changeantes
177 pourpre, simple

Ventenant intended the name "diversifolia" as a replacement for "semperflorens" of Bot. Mag.