Cuivre Rouge () []

Les Roses, Redoute

EGLANTERIA-SUBRUBRA

R. Germinibus depresso-globosis glabris; pedunculis sub-hispido glandulosis; foliolis petiolisque glabris; caule infrà aculeato, aculeis inaequalibus sparsis (N.).

EGLANTIER CERISE.

DESCRIPTION.

Sur cet arbrisseau, qui s'élève à deux ou trois pieds, les rameaux florifères sont absolument dépourvus d'aiguillons: les branches de l'année précédente en présentent quelques uns, très courts et recourbés. Les feuilles se composent de sept folioles, petites, glabres sur les deux faces, d'un vert glauque en dessus, plus pâles en dessous, de forme ellipsoïde, inégalement dentées; elles sont portées par un pétiole glabre, ayant à sa base des stipules élargies, bifides et pointues au sommet, un peu ciliées en leur bord: les fleurs naissent solitaires à l'extrémité des minuscules qui croissent le long des principales branches; le tube du calice est globuleux, glabre, un peu déprimé à sa base. Le pédoncule qui le supporte est muni de quelques poils courts, entremêlés de petites glandes: les divisions du limbe sont entières, pointues au sommet, plus courtes que les pétales, glabres à l'extérieur, velues intérieurement. La corolle offre cinq pétales échancrés en coeur; leur intérieur est d'un rouge cerise pâle: l'extérieur est d'un jaune serin clair au sommet, et très prononcé vers l'onglet. Étamines nombreuses; styles velus réunis en faisceau; stigmates jaunes, de la couleur des anthères.

OBSERVATIONS.

Il est très vraisemblable que ce rosier a été obtenu de la semence des fruits de la variété à fleurs jaunes de l'eglanteria punicea. Cependant, il en diffère sous beaucoup de rapports, indépendamment de la couleur des fleurs.

1°. Dans l'églantier jaune les jeunes rameaux sont munis d'aiguillons comme toutes les branches de l'arbrisseau. Dans le notre, les rameaux florifères n'en présentent aucun.

2°. Dans le premier rosier les folioles sont d'un vert de pré; les pétioles sont glanduleux, munis de petites pointes roides, et les pédoncules absolument glabres. Dans celui dont nous donnons la figure, les folioles sont de couleur glauque, les pétioles glabres, les pédoncules hispides glanduleux.

3°. Et enfin les fleurs de l'églantier jaune offrent des styles surmontés de stigmates colorés d'un rouge pourpre très vif; tandis que les stigmates de l'églantier cerise sont de la couleur des anthères, c'est-à-dire d'un jaune pur.

Nous avons observé cette variété dans la pépinière de M. VILMORIN, il y a déjà plusieurs années. Ce rosier n'est pas commun dans les jardins1.


1 On sait que l'eglanteria punicea, quoique chaque année couvert de fruits, n'offre que très peu de semences. C'est beaucoup d'en obtenir cinq à six bien formées sur des milliers de fruits, en apparence parfaitement mûrs. M. VILMORIN a obtenu cette faveur il y a dix à douze ans; et c'est le semis de trois à quatre individus de rosier églantier pourpre, qui lui a donné cette variété dite églantier cerise. Même semis a été fait, il y a cinq ans, par M. HARDY, au Luxembourg. Les trois individus qui eu proviennent n'avaient pas encore fleuri eu 1828. Autre semis de pareil nombre a eu lieu à Poitiers vers la même époque; un des trois à quatre individus, levé à trois cotylédons, a fleuri en 1827 il a donne des fleura de dix à quinze pétales, semblables à ceux de l'églantier ponceau, par le coloris, avec cette différence que ces pétales sont largement. bordés de rose en dedans. Cette année 1829, j'ai en l'avantage d'en recevoir deux fleurs, dont l’une avait vingt-sept et l'autre vingt-neuf pétales, comme ceux de l'année dernière. En 1830, je pourrai probablement observer dans mes cultures les effets dit changement de sol et de climat sur cette tant rare et précieuse variété nouvelle.

J'ai vu aussi en fleurs un des trois individus semés an Luxembourg. C'est une charmante pimprenelle, dont la corolle se compose de vingt-cinq à trente pétales d'un beau jaune soufre.

Une pimprenelle obtenue d'un églantier ponceau, est un fait qui se joint à bien d'autres semblables, et prouve toujours combien il serait difficile de pouvoir classer les roses par espèces. Les cultivateurs qui sèment et observent, out déjà reconnu maintes et maintes fois que la nature, notamment pour les espèces, ne se soumettait pas toujours aux règles ou doctrines de la science; ils reconnaissent aussi, non moins souvent, que l'expérience ne confirme pas mieux les plus savantes théories.   P.