Catalogue descriptif, méthodique et raisonné des espèces, variétés et sous-variétés du genre Rosier,
cultivées chez Prevost fils, pépiniériste à Rouen. (1829)

ROSIERS INDIENS,
TOUJOURS FLEURISSANTS.

Les cinq espèces composant le groupe des Rosiers Asiatiques et Africains, dont la succession des fleurs n'est interrompue que par nos hivers et par le temps nécessaire à l'arbuste pour réparer, après chaque floraison, l'épuisement qu'il en éprouve, sont, à ne considérer que les types ou variétés primitives, bien caractérisées et très-différentes l'une de l'autre. Mais le grand nombre de variétés que leur croisement a produit dans nos jardins, dans ceux de l'Italie et ailleurs, a singulièment atténué (j'ai presque dit anéanti) ces différences; et le classificateur le plus instruit, obligé comme moi de comparer et d'analyser les caractères très-variables des variétés nombreuses que chaque jour voit éclore, pour du tout composer cinq groupes distincts, et de chacun d'eux faire ressortir des caractères spécifiques différentiels, et pourtant également applicables à chacune des variétés dont il se composerait, trouverait probablement aussi que ces cinq espèces sont bien près d'être confondues, et que le temps où un plus grand nombre de variétés obligera de les réunir comme on a fait des espèces Gallique, Provins el Provence, dont les types présentaient aussi des différences notables, n'est peut-être pas éloigné.

M. Lindley, dont l'excellente Monographie a singulièrement applani les difficultés que présente la classification des rosiers, a cru trouver dans le nombre des 0vaires, c'est-à-dire des ovules fécondées ou graines, un moyen précieux pour distinguer les quatre premières espèces. Malheureusement rien n'est fixe dans ces

XLe Espèce. ROSA INDICA, Lindley. — ROSA INDICA FRAGRANS, Redouté.

Rameaux ordinairement courts et peu nombreux, glabres et lisses, sans soies ni glandes; parsemés d'un très-petit nombre d'aiguillons rouges, crochus, épars, à base comprimée. Feuilles distantes, à 3, plus souvent 5 folioles, dont l'impaire est la plus grande, et celles de la paire inférieure les plus petites. Pétiole parsemé de glandos rouges, ordinairement pédicellées, armé en dessous d'aiguillons crochus. Stipules étroites, subulées, frangée s-ci liée s de glandes. Folioles distantes, glabres, elliptiques ou oblongues, aiguës ou acuminées, lisses et luisantes eu dessus, pâles et souvent un peu glauques eu dessous; la nervure moyenne est seule très-saillante. Serrature simple, aiguë, peu profonde, convergente, inclinée, sans glandes ni pubescence.

Pédoncule gros, glabre ou parsemé de quelques petites glandes, épais et comme articule au sommet du rameau, qui semble être plus mince que lui. Bractées lancéolées ou linéaires, subulées, ciliées-glanduleuses, ordinairement caduques. Ovaire glabre et glauque, digitte, à base ventrue et brusquement élargie au sommet du pédoncule. Sépales réfléchies avant l’épanouissement; la plupart se redressant plus ou moins ensuite; ordinairement glabres, à bords cotonneux et glanduleux, simples ou accompagnées à leur base de quelques petits appendices; elles tombent avant la maturité du fruit. Fleur très-odorante, ordinairement inclinée, moyenne ou grande, simple, mutiple ou pleine. Styles 15 à 100, libres. Fruit large, déprimé. Fleurit depuis la fin de l'hiver jusqu'au retour du froid.

Nota. Dans cette espèce, comme dans les quatre suivantes, les étamines sont, pendant la fécondation, contournées et irrégulièrement courbées sur les pistils.

Première Section: Réunissant les Variétés qui ont, comme le Type, le caractère distinctif de l'Espèce, l'Ovaire digitté, à base brusquement élargie, et la Fleur inclinée, très-odorante.

693. ROSE A ODEUR DE THÉ.
Fleur grande, multiple, rose pâle, carnée ou presque blanche. Pétales concaves, jaune paille à l'onglet. Styles 40 à 90, droits, filiformes, saillants.

694. THÉ JAUNATRE, V., Cat. 1827.
Ovaire large et très-court. Corolle de 3 pouces et demi à 5 pouces de diamètre, multiple, jaune soufre, devenant presque blanche. Pétales 25 à 40; les intérieurs unguiculés. Styles 30 à 40, saillants, égaux, poilus, vert jaunâtre.

695. CATHERINE II, L.
Folioles grandes. Pédoncule arqué. Ovaire gros et long. Fleur grande, pleine, semi-globuleuse, carnée, quelquefois un peu lilas.

696. THÉ A FLEUR PLEINE, C. C.
Ce rosier diffère du précédent par ses folioles plus petites et plus vertes, ses pédoncules moins solitaires et moins courbés, ses fleurs plus petites et ouvrant plus difficilement par un temps humide et froid, surtout en terre forte.

697. LA NYMPHE, L.
Pédoncule gros et long. Fleur grande, pleine, carnée, un peu nankin au centre.

L'ovaire est quelquefois un peu pyriforme à sa base, ainsi que dans la variété suivante, ce qui est un commencement d'altération et lie cette section à la deuxième.

698. AFRANIE, L.
Aiguillons souvent droits et un peu ascendants. Ovaire quelquefois pyriforme. Fleur moyenne, très-multiple, blanchâtre. Styles 60 à 100.

699. THÉ ROUGE. Rouen, semis de M. Nicole.
Rameaux grêles, ordinairement pourpres d'un côté. Feuilles composées de 5 ou de 7 folioles, pourprées sur les bords, et en dessous pendant leur jeunesse. Ovaire court, digitté à base ventrue, ou oval-globuleux à base pyriforme. Fleur moyenne ou grande, odorante, très-multiple (50 à 75 pétales), rouge cramoisi ou rose foncé très-vif. Les pétales ont souvent une raie blanche au centre.

Ce rosier a tonte la physionomie de ceux de la Chine. Son pédoncule gros, articulé, et sa fleur grande, inclinée, odorante, sont les seuls caractères qui le rapprochent de l'espèce Indica.

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