Journal d'Horticulture Pratique de la Belgique pp. 206-207 (1850)

THÉORIE VAN MONS, SUR LES SEMIS D'ARBRES FRUITIERS.

Bien que la théorie si parfaitement démontrée par les faits que notre célèbre pomologue Van Mons a mis en faveur dans le monde des horticulteurs soit familière à la plupart de nos lecteurs, ils nous sauront gré, nous l'espérons, de leur mettre sous les yeux la manière dont cette théorie vient d'être exposée en présence de la Société nationale d'horticulture de Paris, par le doyen des horticulteurs français, le vénérable M. Poiteau.

«On sait, dit-il, que les meilleurs fruits ne se reproduisent pas de graines. Quand on obtient un nouveau fruit amélioré quelque part, nous disons que c'est par hasard, parce que nous appelons hasard ce qui arrive à notre insu. M. Van Mons a fait des recherches pour trouver la cause pour laquelle nous n'obtenons pas de bons fruits des semis tentés dans l'espérance d'en obtenir. Il est parvenu à pouvoir affirmer que c'est parce que nous semons des graines de fruits déjà très-anciennement obtenus, tandis que la nature, quand elle nous en donne de bons, nous les donne par des semis de graines de fruits nouvellement obtenus. Les graines des fruits anciens nous donnent des fruits qui se rapprochent de l'état sauvage, tandis que les graines des fruits nouveaux en donnent qui sont, sinon tous bons, du moins tous meilleurs que ceux que peuvent donner les semis des graines de fruits anciens.»

M. Poiteau explique ensuite avec quelle persévérante patience il faut semer les graines des fruits qui offrent la meilleure apparence pour arriver à en avoir de bons à la troisième ou quatrième génération de fruits à noyaux, et à la cinquième ou sixième génération de fruits à pepins. M. Poiteau pense que c'est en vertu de la même loi, déjà connue et observée chez les anciens, que les Romains ont dû la possession de plusieurs variétés de bons fruits propagés et perpétués ensuite par la greffe. Il attribue également la conquête d'une foule de bons fruits nouveaux dans l'Amérique du nord à des semis de pepins et de noyaux qui ont eu lieu, les uns naturellement, les autres par les soins de l'homme, toujours d'après le principe de la théorie Van Mons.

Certes, cette théorie est tellement dans le vrai, tellement d'accord avec les faits, qu'elle n'a besoin, pour être en crédit, d'aucune autorité, si respectable qu'elle puisse être. Mais aucun pays de l'Europe n'est plus favorisé que le nôtre au point de vue du sol et du climat pour pratiquer en grand les semis de pepins et de noyaux avec le plus grand succès; il n'est donc point inutile de rappeler à ceux de nos lecteurs qui sont en possession des moyens de mettre cette théorie en pratique, qu'elle a pour elle les suffrages unanimes des hommes les plus compétents, et par-dessus tout le témoignage des faits auxquels il n'y a rien à opposer.

La manière dont les saisons se sont comportées cette année est très-favorable à la parfaite maturité des fruits à pepins dont la consommation est en pleine activité. Nous ne saurions trop engager nos lecteurs, lorsqu'ils mangent un bon fruit d'une espèce nouvelle, ou du moins de celles qui ne sont point encore fort anciennes, à en mettre de côté les pepins les plus mûrs et les mieux formés, et à les semer pour les faire servir de point de départ à l'application de la théorie Van Mons.


Rough translation with the help of Babelfish and iGoogle

THEORY VAN MONS, ON SOWINGS OF FRUIT TREES.

Although the theory so perfectly shown by the facts that our famous pomologist Van Mons put in favour in the world of the horticulturists is familiar with the majority of our readers, they will know liking to us, we hope for it, to put to them under the eyes the way in which this theory has just been exposed in the presence of the National company of horticulture of Paris, by the senior of the French horticulturists, worthy Mr. Poiteau.

"One knows, says he, that the best fruits do not breed true from seeds. When we get a new improved fruit somewhere, we say that it was by chance, because we call chance that which happens without our knowledge. Mr. Van Mons has done research to find the cause that we do not get good fruit seedlings attempted in the hope of obtaining. He was able to say it's because we sow the seeds of fruits already very anciently obtained, while nature, when she gives us good, we give them by planting fruit seeds newly obtained. The seeds of the old fruits give us fruits which approach the wild state, while the seeds of the new fruits give some which are, if not all good, at least all better than those which sowings of old fruit seeds can give."

Mr. Poiteau then explains how persevering patience to sow the seeds of fruits that provide the best appearance to have to get good at the third or fourth generation of stone fruit, and the fifth or sixth generation of pome fruit. Mr. Poiteau thinks that it is under the terms of the same law, already known and observed at the old ones, that the Romans owed the possession of several varieties of good fruits propagated and perpetuated then by graft. He also attributes the conquest of a crowd of good fruit in the new North America to planting seeds and kernels that have occurred, some natural, others by the care of man, always after the principle of the theory Van Mons.

Admittedly, this theory is so in truth, so agree with the facts, it does not need to be in credit, no authority, if it can be respectable. But no country of Europe is more favoured than ours from the point of view of the ground and the climate to practise into large sowings of pips and cores with greatest success; it is thus not useless to recall to those our readers who are in possession of the means of putting this theory into practice, that it has for it the unanimous votes of the most qualified men, and over all the testimony of the facts to which there is nothing to oppose.

The way in which the seasons behaved this year is very favorable to the perfect maturity of the fruits with pips whose consumption is in full activity. We could not too much engage our readers, when they eat a good fruit of a new species, or at least of those which are not still extremely old, to put side the ripest and best formed pips, and to sow them to make them be used as starting point with the application of the theory of Van Mons.