IVe Conférence Internationale de Génétique (1911)

SUR L'AMÉLIORATION DE QUELQUES PLANTES A FLEURS ORNEMENTALES1
1Communication faite é la cinquième séance de la Conférence.
par W. PFITZER
Horticulteur à Stuttgart (Allemagne).

L'appétit vient en mangeant, dit-on, et lorsque j'ai vu, lundi, les belles projections de M. Truffaut, j'ai écrit chez moi pour que l'on m'envoie quelques photographies en couleurs. C'est ainsi que je vais avoir l'honneur de vous projeter quelques fleurs que j'ai été heureux de perfectionner par hybridation, si j'ose m'exprimer ainsi.

Les premières plantes sont des Bégonias bulbeux.

J'ai été élève à l'établissement de Louis Van Houtte, à Gand, en 1875, c'est-à-dire quelques années après l'introduction d'Asie du Begonia Veitchi, et à l'époque où l'on reçut le Begonia boliviensis.

Il est incroyable de penser que ces deux espèces ont donné des plantes que l'on cultive aujourd'hui par millions.

La fleur du Begonia Veitchi était d'un port érigé et de grand effet, mais le moindre coup de vent l'abîmait, tandis que le Begonia boliviensis avait les fleurs plus robustes, mais penchées, et sans grand intérêt.

Retourné chez moi, je me suis mis à hybrider les Bégonias bulbeux. C'était au moment où l'on a vu apparaître les doubles. Après quelques années, j'ai trouvé, dans les formes simples, les premiers commencements d'ondulation des pétales. J'ai immédiatement essayé de perfectionner cette race ondulée par des hybridations continuelles et j'ai aujourd'hui l'honneur de vous présenter les résultats obtenus dans un espace de 20 années. (Projections.)

Je suis venu à Paris il y a une trentaine d'années, pour voir les cultures de Glaïeuls gandavensis de M. Souchet, et cela m'a donné l'idée de travailler aussi cette plante; surtout dans la race gandavensis, mais en utilisant aussi les superbes variétés de Lemoinei et de nanceianus. J'ai maintenant environ 10,000 numéros; mais cette quantité est nécessaire pour arriver à trouver la centaine de plantes dont j'ai besoin, parce que l'on ne sait jamais laquelle de ces plantes donnera une multiplication facile et laquelle restera la plus saine.

C'est spécialement une nouveauté de gandavensis à fleurs jaunes nommée «Schwaben» dont je présente une projection. Cette variété constitue, avec celle à fleurs blanches, à laquelle j'ai donné le nom de «Europa», l'un des meilleurs résultats que j'aie obtenus en glaïeuls jusqu'à ce jour.

Pour terminer je présente une projection d'un champ de sauge, de la variété «Feuerball», résultat de longues années de sélection. Je dois, en ce qui concerne la sauge, un certain nombre d'indications à M. Jules Chrétien, du Parc de la Tète d'Or, à Lyon, qui a beaucoup travaillé cette plante. Dans ma jeunesse on ne connaissait qu'un Salvia splendens ne commençant à fleurir que peu de temps avant les gelées d'automne. On a aujourd'hui une plante qui fleurit pendant tout l'été.

ON THE IMPROVEMENT OF SOME ORNAMENTAL FLOWERING PLANTS

SUMMARY

Begonia tuberosa crispa. The author began to hybridize tuberous Begonias about 1880. It was at that time that doubling first occurred in these plants. After working for some years, a slight wave in the petals of some single flowers was noticed, and hybridization was continued with a view to improving this character, the result being a fully waved flower.

Gladiolus gandavensis and the variety Lemoinei, have been largely used in hybridizing, and many beautiful forms have been produced, among others a yellow form called «Schwaben» and a white form «Europa».

A much improved form of Salvia splendens, called «Feuerball» has resulted from long and patient selection.

Coloured photographs of the above plants were shown.

Illustrations from Revue Horticole 79(12) 16 June 1907

Fig. 94. — Salvia splendens Boule de feu. 1 Salvia aurea grandiflora
2 S. splendens Boule de feu. 2bis S. splendens Surprise

CybeRose note: It is interesting to compare Pfitzer's breeding of begonias wavy petals with Burbank's similar work with Shirley Poppies and Kunderd's work with Glads.