Flore des Antilles
ou
Histoire Générale, Botanique, Rurale et Economique vol. 2, t. 1 (1818)
Le Chevalier F. R. de Tussac

AMARYLLIS EQUESTRIS
Amaryllis equestre

Linnaei, Classis 6, ordo 1, Hexandria Monogynia
Jussiei, Classis 3, ordo 7, Narcissi

Character Genericus.

   Flos unicus, aut plures, in spatha membranacea, latere dehiscente inclusi.
   Calyx superus, rarius inferus, coloratus, basi tubulosus, aut campanulatus, aut infundibuliformis, fauce squamulis sex instructus, limbo inaequaliter, rarius aequaliter diviso, lobis partim reflexis.
   Corolla. o.
   Stamina sex, aut recta, aut declinata, tubo calycino inserta.
   Ovarium inferum, stylus filiformis saepe declinatus, stigma trifidum.
   Capsula trilocularis, trivalvis, polysperma.

Character Specificus.

   Spatha subbiflora, pedicellis brevibus, tubo horisontali, lymbo oblique patulo, sursum curvo, fauce piloso. Ait. Kew. 1. p. 417. — Jacq. hort. Schöb. p. 33. t. 63.
   Amaryllis dubia. Linn. Amoen. Acad. 8. p. 254.
   Lilium americanum puniceo flore bella dona dictum. Herm. parad. 194. t. 194.
   Lilium rubicundum. Merian. Surinam. 22. t. 22.
   Amaryllis punicea. Lam. encycl.


   D'une bulbe presque sphérique, sortent plusieurs feuilles planes, de longueur inégale, disposées en deux faisceaux opposés, du centre desquels sort une hampe de six à huite pouces de hauteur, terminée par une spathe membraneus, qui, en s'ouvrant par le côté, met à découvert deux fleurs, rarement trois, d'un beau rouge pourpre, formant une espèce de cloche, dont le limbe est divisé profondement en six pièces, et muni, à son orifice, de six petites écailles. Les etamines, au nombre de six, sont quelquefois inclinées, et supportent des anthères oblongues. L'ovaire, qui es inférieur, est ovale, et surmonté d'un style filiforme terminé par un stigmate trifide. Le fruit est une capsule obtusément trigone, triloculaire, à trois valves et polysperme.

Observation.

Cette charmante liliacée semble avoir adopté, pour sa patrie, les mornes les plus arides et les plus dénués de terre végétale; elle y croît en si grande quantité, qu'elle en couvre presque totalement le sol, et donne, au printemps, un aspect agréable, mais de peu de durée, à des terres qui, sans cet ornement, n'offrent que la triste image de la stérilité. On la trouve dans toutes les Antilles. On l'a transportée, avec raison, dans les parterres, où l'on en fait de jolies bordures.

Parmi tous les genres de plantes dont la connoissance est parvenue jusqu'à nous, il en est très peu dont quelques espèces peuvent croître dans les quatre parties du globe, et sous toutes les zônes. Les Lys sont de ce nombre. Il semble que la nature, amoureuse de son ouvrage, ait voulu en faire jouir les peuples de tous les pays. D'aprés cela, les Français ne sont-ils pas fondés à s'enorgueillir du choix qu'ils ont fait de cette reine des fleurs pour en faire l'emblême de la royauté? Le bonheur de la Nation française n'a-t-il pas duré aussi long-temps que son admiration et sa vénération allégorique pour cette fleur? Que s'est-il passé dans l'espace de temps où sa culture étoit un crime capital? Puissé-je tirer, sur cet horrible tableau, un rideau assez épais pour que les races futures n'en puissent apercevoir ni la composition, ni les couleurs.


Tussac, like Hill (1774) commented that the stamens are inclined. Linnaeus described his Amaryllis Belladonna as having declining stamina, which would seem to justify separating this variety. However, Mrs. Bury observed "The degree of obliquity of the flowers and pedicles varies extremely, according to the state of expansion of the flowers, and their greater or less exposure to the influence of the sun; their angle can be no certain mark of distinction, though it has been considered one."